Approche de stabilisation

L’ISSSS révisée (2013-2017) adopte une approche de stabilisation totalement différente s’appuyant sur les enseignements tirés de l’examen de la première phase (2008-2012), qui a permis de mettre en œuvre 69 projets totalisant 369 millions de dollars américains. Ce changement d’approche repose sur le fait que malgré des investissements importants, la présence des groupes armés dans l’Est de la RDC se multiplie et menace la sécurité des civils et leurs moyens de subsistance, tout en créant un climat d’instabilité généralisé de même qu’un climat de méfiance entre les communautés et l’État. Plus précisément, l’examen a permis de conclure que les réponses militaires et les solutions techniques demeurent insuffisantes pour régler les dynamiques conflictuelles complexes dans l’Est de la RDC qui touchent notamment l’interaction des dilemmes de sécurité, la mobilisation relative aux territoires et à l’identité, l’exploitation des ressources naturelles et les dynamiques régionales.

Ainsi, la compréhension contextuelle des collectivités touchées par le conflit dans l’Est de la RDC est placée au cœur de l’ISSSS révisée, qui vise à transformer le conflit en abordant ses principaux déclencheurs politiques et structurels, et ce, en s’appuyant sur une analyse approfondie du conflit. En agissant ainsi, la stratégie tente de s’attaquer aux causes profondes du conflit (dont le patrimonialisme, la fragmentation identitaire, la pression économique, la pauvreté et l’accès à la terre) plutôt que de fournir une réponse purement réactive après la fin des conflits. Plus précisément, la stabilisation est définie comme « un processus intégré, holistique mais ciblé permettant par la suite à l'État et à la société de mettre en place une responsabilisation mutuelle, ainsi que l'aptitude à traiter et atténuer les vecteurs existants ou émergents du conflit, créant ainsi les conditions propices à une meilleure gouvernance et au développement à plus long terme ».