Bunia : Désinformation et cohésion sociale, les jeunes en première ligne [1]
Bunia : Désinformation et cohésion sociale, les jeunes en première ligne
Ils sont 33, dont 18 jeunes filles, à avoir pris part à un atelier de renforcement des capacités organisé à l’école publique Diangenda, en partenariat avec la MONUSCO. Réunis à l’initiative de l’Union des Jeunes Engagés pour la Reconstruction du Congo (UJERCO), ces jeunes issus du quartier Lembabo, à Bunia, ont été sensibilisés à un fléau qui mine la cohésion sociale : la désinformation.
Du 14 au 16 juillet 2025, les échanges ont porté sur « le rôle des jeunes dans la construction de la paix », avec un accent particulier mis sur les effets délétères des fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux. Dans un contexte marqué par les tensions communautaires et les conflits armés en Ituri, cette activité vise à responsabiliser les jeunes face à leur usage du numérique.
Un fléau mondial, une menace locale
La désinformation, souvent amplifiée par les nouvelles technologies, représente une menace directe pour la paix. En Ituri, des rumeurs infondées ont déjà provoqué violences, fractures sociales et défiance envers les institutions. Sensibilisés au fonctionnement de ce phénomène, les jeunes ont appris à repérer les contenus douteux, vérifier les sources et adopter une posture critique avant de partager toute information.
« La jeunesse actuelle est particulièrement exposée aux manipulations. La désinformation peut conduire à la violence ou à des dérives comportementales. Il était donc urgent de leur en parler et de leur donner des outils pour s’en protéger », a expliqué Emmanuel Unen Can, coordonnateur de l’UJERCO.

Un engagement concret pour la paix
À l’issue de la première journée, les participants se sont engagés à relayer ce qu’ils ont appris auprès d’au moins dix personnes de leur entourage. Cette approche vise un effet multiplicateur dans les quartiers de Bunia. En adoptant un comportement plus responsable en ligne, ces jeunes deviennent des relais essentiels dans la lutte contre la propagation de fausses informations.
« Si chacun d’eux sensibilise ne serait-ce que dix ou quinze autres jeunes, cela peut réellement faire bouger les lignes », a ajouté Emmanuel Unen Can.
Un signal fort porté par les communautés
Cette activité s’inscrit dans une campagne plus large menée par la MONUSCO et ses partenaires. Le samedi précédent, une rencontre similaire avait réuni 130 jeunes musulmans, dont 80 femmes et filles, à la mosquée de la cité de Bunia. L’imam Tchomba, président de l’Union des Jeunes Musulmans pour le Développement en Ituri, s’en est félicité :
« Cette campagne nous aide à transmettre un message de paix, de vérité, et à mieux faire connaître les valeurs de l’islam. »

Adjati Saidabi Waga, conseillère provinciale en charge des femmes musulmanes, a, de son côté, salué l’initiative :
« Nous devons encourager les mamans à faire preuve de vigilance. Le partage d’informations non vérifiées peut causer beaucoup de tort. Grâce à cette sensibilisation, nous savons désormais qu’il faut prendre le temps de vérifier avant de diffuser quoi que ce soit. »
Construire un avenir en paix
En contribuant à une culture de l’information responsable, ces jeunes jouent un rôle clé dans la consolidation de la paix. L’atelier organisé à Bunia constitue une étape importante dans la mobilisation citoyenne en faveur de la vérité, de la responsabilité et du vivre-ensemble.
