Ituri : la MONUSCO et ses partenaires veulent renforcer la lutte contre l’impunité des crimes graves
Les 18 et 19 décembre, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a organisé à Bunia un atelier visant à renforcer le cadre de concertation des acteurs d’appui à la justice en Ituri. Cette rencontre avait pour objectif de rendre plus efficace la lutte contre l’impunité des crimes graves dans la province.
Le cadre de concertation, explique Désiré Balume, de la Section d’appui à la justice de la MONUSCO, constitue « un espace d’échanges et de coordination des appuis des partenaires engagés dans la lutte contre l’impunité des crimes graves, notamment les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les crimes de génocide ». Ces violations concernent, entre autres, les attaques contre les populations civiles, les violences sexuelles, les assassinats, les pillages ainsi que les atteintes aux infrastructures non militaires.
Harmoniser les interventions
L’un des enjeux majeurs de ce cadre est d’éviter des interventions fragmentées ou non concertées, susceptibles de réduire l’impact des actions menées en faveur de la justice.
Au total, vingt-sept participants ont pris part à l’atelier, parmi lesquels des magistrats civils et militaires, des représentants de la MONUSCO, du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme, de l’ONG Avocats sans frontières, du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV), du PNUD, ainsi que des institutions nationales et des organisations de la société civile locale.
La cérémonie d’ouverture, coprésidée par le premier président de la Cour militaire de l’Ituri et le représentant du chef de bureau de la MONUSCO, a souligné la nécessité de clarifier les mandats des différents acteurs, de renforcer la collaboration et d’optimiser la réponse judiciaire face aux crimes graves.
Des défis persistants
Les échanges ont permis d’identifier plusieurs contraintes majeures, notamment l’insécurité persistante dans certaines zones de la province, les difficultés d’accès aux territoires sous contrôle de groupes armés, ainsi que l’insuffisance des moyens logistiques, humains et financiers.
Pour le colonel Kelly Akelele, premier président de la Cour militaire de l’Ituri, « renforcer le cadre de concertation des acteurs d’appui à la justice, c’est renforcer la lutte contre l’impunité des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité dans la province de l’Ituri ».
L’atelier a également marqué l’intégration des autorités de la justice civile, de la Cour d’appel et du Parquet général de l’Ituri au sein du cadre de concertation. Cette évolution constitue une avancée importante pour améliorer la coordination des efforts, jusque-là limitée par l’absence de ces institutions clés.
Un engagement renouvelé
À l’issue des travaux, l’ensemble des participants a réaffirmé son engagement à mutualiser les ressources disponibles afin de soutenir la justice congolaise.
« Nous avons le devoir de répondre aux besoins de nos partenaires de la justice congolaise pour le rétablissement de la paix dans la province. Dans la limite de nos mandats respectifs, nous nous engageons à mobiliser et mutualiser nos moyens d’intervention afin de renforcer l’efficacité et le bon fonctionnement de la justice en Ituri », a déclaré Désiré Balume.
Cofinancé par la MONUSCO et le PNUD, cet atelier s’inscrit dans les efforts de la Mission visant à harmoniser l’action des partenaires techniques et financiers, en vue d’une lutte plus efficace contre l’impunité et d’une meilleure protection des civils en Ituri.
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