Dans un contexte numérique en constante évolution où la désinformation demeure un défi, la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) a franchi une étape dans la promotion d’un espace digital sécurisé et inclusif.
Durant deux jours, les 26 et 27 janvier, la Mission a réuni une cinquantaine de jeunes activistes, influenceurs, blogueurs et créateurs de contenu pour une concertation axée sur la lutte contre la désinformation basée sur le genre.
Cette initiative, lancée officiellement par la MONUSCO à travers sa Division de l’information et de la communication publique, a l’ambition d’outiller les acteurs du numérique pour qu'ils deviennent des remparts contre les discours de haine et les fausses informations ciblant spécifiquement les femmes et les filles.
« Le rôle des Nations Unies est un rôle catalyseur. Ensemble avec le gouvernement et d'autres partenaires, nous avons organisé cette activité... pour analyser comment ils sont en train de fonctionner », explique David Fundi Sumaili de la MONUSCO, l’un des animateurs de la rencontre.
«Faire taire»
Les discussions ont mis en exergue l’impact dévastateur de la désinformation genrée, souvent utilisée pour réduire au silence les voix féminines dans l’espace public. Pour y remédier, des modules ont été développés pour contextualiser la situation, notamment autour du cyberharcèlement.
À en croire le journaliste Hugues Mpaka, il arrive souvent que des femmes activistes abandonnent leur engagement à la suite des campagnes lancées contre elles sur les réseaux sociaux.
«Le harcèlement genré vise à contrôler, à faire taire, à rappeler à certaines personnes qu’elles devraient rester à leur place», confirme la créatrice de contenus, Pridia Diasilua.
Vers une Charte d’éthique numérique
Au cours de ces deux jours d’échanges, les participants ont notamment appris des techniques pour débusquer les fausses informations et contrer la désinformation.
«Les outils que nous avons appris vont nous aider à vérifier si l’information est vraie, réelle, remonter à la première publication, nous rassurer si l’information est vraie et comment alerter nos autorités», affirme Ben Tshikangu, créateur de contenus.
Pour sa part, Junior Maneno Shuma, représentant du Secrétaire général à l’Économie Numérique, souligne que cette initiative veut participer à la lutte contre la manipulation de l’information. « Il s'agit notamment d'éviter la manipulation d'informations, le discours haineux... Nous devons produire une charte d'éthique numérique pour guider, sinon des sanctions sont prévues par les codes », déclare-t-il.
Le point d'orgue de cette concertation a été la réflexion collective sur l'élaboration d'une charte d'éthique numérique. Cet outil se veut une boussole pour les créateurs de contenu, garantissant le respect des règles élémentaires de base dans les milieux de l’information et de la communication et l'alignement avec les exigences du code du numérique en vigueur en RDC.










