Bunia, chef‑lieu de la province de l’Ituri, a accueilli du 23 au 25 février 2026 un atelier consacré à l’appropriation du Plan d’Action Provincial (PAP) de la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les jeunes, la paix et la sécurité. Ce plan, élaboré par le Conseil provincial de la Jeunesse avec l’appui de la Section des Affaires civiles de la MONUSCO, vise à renforcer l’implication des jeunes dans la consolidation de la paix et la prévention des conflits.
Pendant trois jours, des délégués des cinq territoires de l’Ituri et de la ville de Bunia, ainsi que des représentants des services étatiques, ont examiné en profondeur les actions prioritaires prévues dans le plan provincial de la Résolution 2250. L’objectif est de promouvoir une participation active des jeunes dans la prévention des conflits et dans la recherche de solutions durables aux conflits qui affectent la province depuis plus de deux décennies.
Organisé par la MONUSCO en collaboration avec l’ONG locale SECHA (Seconde Chance), l’atelier a également permis de renforcer les capacités des participants entre autres, en matière de gestion de projets et de plaidoyer, essentiels pour la mise en œuvre efficace du Plan d’Action Provincial.
Pour Jeannot Bongwalu, coordonnateur de SECHA, cette initiative marque une étape clé dans l’engagement des jeunes habitant la province de l’Ituri.
Parmi les principales actions prévues figurent : le désengagement des jeunes des groupes armés, notamment à travers la sensibilisation et la promotion de l’entrepreneuriat ; le renforcement de la collaboration entre la jeunesse et les autorités locales ; la création d’espaces de dialogue pour prévenir l’instrumentalisation des jeunes ; la prise en compte du rôle des jeunes dans le programme provincial du PDDRC‑S.
Pour Sarah Muderwa, présidente de la Synergie des jeunes filles de l’Ituri, l’atelier a permis aux jeunes d’avoir désormais une même compréhension du plan provincial.
« Nous avons compris comment travailler ensemble grâce à un plan clair. Chacun pourra désormais mener des actions alignées sur la stratégie provinciale », affirme-t-elle.
Les travaux ont abouti à des engagements concrets en faveur d’une participation accrue de la jeunesse aux efforts de stabilisation, de paix et de prévention de conflits.
Au nombre de ces engagements, on compte notamment : des campagnes de sensibilisations des jeunes à se désolidariser des groupes armés et à lutter contre la toxicomanie ; ses campagnes de sensibilisation aux droits politiques des jeunes et à la culture de la non-violence et des mécanismes de prévention des conflits ; la production des émissions radiodiffusées et des de spots sur les réseaux sociaux sur la paix et la prévention des conflits ; l’installation de mécanismes d'alerte précoce ; l’organisation des ateliers d'échanges et de partage d'expériences entre les associations de jeunes et les responsables de services de sécurité ; la mise en place de comités de vigilance des jeunes pour documenter et alerter sur les abus dans les camps de personnes déplacées internes et l’organisation des activités socio-culturelles (telles que le Festival Okapi Umoja) et sportives intercommunautaires pour rapprocher les jeunes de différentes communautés (Tournoi Okapi Umoja inter-jeunes regroupant 22 communautés).
« Le plan d’action est notre boussole. S’approprier la Résolution 2250, c’est devenir des jeunes solutions. Construisons la paix de nos propres mains, plutôt que d'être des spectateurs de nos propres destins », conclut Jeannot Bongwalu de l’ONG SECHA.
Adoptée en 2015, la Résolution 2250 est le premier cadre international reconnaissant le rôle clé des jeunes (18‑29 ans) dans la paix et la sécurité.
Elle repose sur cinq piliers : participation, protection, prévention, partenariat et désengagement/réinsertion. Elle consacre un changement de regard dans les questions relatives aux conflits, considérant les jeunes comme des acteurs essentiels de la paix durable.
-Jean-Tobie Okala












