Trente-quatre membres d’organisations de la société civile du Nord-Kivu ont été formés les 16 et 17 avril à Goma sur la collecte, la documentation, la vérification, l’analyse et la transmission sécurisée des informations relatives aux violations graves des droits de l’enfant, conformément aux normes et protocoles du Mécanisme de Monitoring et de Rapportage (MRM).
Cette activité a été organisée par la section de la Protection de l’enfant de la MONUSCO, en partenariat avec l’UNICEF et le bureau pour le volontariat au service de l’enfance et de la santé (BVES).
Les participants à cette activité sont venus des territoires de Nyiragongo, Rutshuru, Masisi, ainsi que de la ville de Goma. Le Nord-Kivu demeure une zone instable où opèrent encore de groupes armés, responsables de graves violations de droits de l’enfant.
Mathieu Ndongo Koni, responsable de la section Protection de l’enfant à la MONUSCO insiste sur l’importance du travail de ces acteurs locaux dans la documentation des violations graves des droits de l’enfant. Il a souligné notamment l’importance des questions relatives à la confidentialités et à l’objectivité des données recueillies.
« Dans un contexte sécuritaire complexe où l’accès aux zones affectées reste limité, le renforcement des capacités des points focaux MRM est fondamental pour garantir la qualité et la crédibilité du rapportage des violations graves commises contre les enfants. Pour obtenir ces informations, nous nous appuyons sur les associations de la société civile et les ONG, partenaires de terrain des Nations Unies. Il est donc essentiel de former les moniteurs aux principes de confidentialité, d’impartialité et d’objectivité afin de garantir des données fiables et vérifiées tout en respectant le principe du “Ne pas nuire” », fait savoir Mathieu Ndongo Koni.
Un engagement continu pour la protection des enfants
Pour Mathieu Ndongo, les rapports élaborés sur base des données recueillies par les acteurs sur le terrain sont indispensables pour les plaidoyers et la prise des décisions en faveur des droits de l’enfant.
« Les informations recueillies sont centralisées dans la base de données MRM des Nations Unies et permettent de produire des rapports de situation pouvant être portés jusqu’au Conseil de sécurité. Elles aident à documenter la protection de l’enfant dans des zones précises et à orienter les réponses humanitaires, notamment en matière de réinsertion et de réintégration. Elles soutiennent également le plaidoyer du leadership de la MONUSCO auprès des autorités nationales, provinciales et des partenaires internationaux », explique-t-il.
Au cours de la formation, la méthodologie utilisée était basée sur les expériences du terrain de chaque acteur.
« Cet atelier nous a permis de mieux maîtriser les procédures du MRM. Nous sommes désormais mieux outillés pour documenter les violations graves tout en respectant les normes de protection et de confidentialité »,témoigneYves Bakendo de l’organisation UPEDECO.
De son coté, Judith Iragi, participante, a également partagé son expérience et les acquis tirés de cette formation.
« Nous avons beaucoup appris au cours de ces deux jours de formation. Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est le renforcement de mes compétences sur la manière de mener des activités liées à la surveillance et au rapportage des cas du MRM, notamment les six violations graves, tout en veillant à ne pas m’exposer, ni exposer les victimes qui se confient à nous. Cette formation nous apporte des outils pratiques pour améliorer la collecte et la transmission des informations », confie une autre participante.
Selon le Mécanisme de monitoring et de rapportage (MRM) des Nations Unies, les six violations graves des droits de l’enfant comprennent le recrutement et l’utilisation d’enfants par des forces ou groupes armés, le meurtre et les mutilations d’enfants, les viols et autres formes de violences sexuelles graves, les enlèvements d’enfants, le refus de l’accès humanitaire, ainsi que les attaques contre les écoles et les hôpitaux.
Ces violations constituent des atteintes majeures aux droits fondamentaux des enfants en situation de conflit armé et font l’objet d’un suivi rigoureux par les Nations Unies, en vue de leur prévention et de leur élimination.
La MONUSCO, à travers sa section Protection de l'enfant, s’inscrit dans cette dynamique. Elle exerce son mandat de prévention, surveillance, de documentation et de plaidoyer sur les violations graves commises contre les enfants, tout en accompagnant les acteurs nationaux et communautaires dans le renforcement des mécanismes locaux de protection et de prévention.
Aline Kataliko












