Une trentaine de femmes, membres d’associations villageoises d’épargne et de crédit, ont participé, le 8 avril dernier à Goma (Nord-Kivu), à un atelier de formation consacré au rôle des femmes et des filles dans la consolidation de la paix, l’autonomisation durable ainsi que l’intégration du genre dans le mandat de la MONUSCO.
Organisé en marge de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars, cet atelier a été mis en œuvre par les organisations nationales Groupe d’Action d’Appui au Développement (GAAD) et Agir Ensemble pour la Paix et le Développement (AEPaD), avec l’appui technique de la MONUSCO, dans le cadre de son partenariat avec ces deux structures.
Selon Nathalie Koné Traoré de la section Genre de la MONUSCO à Goma, cette activité s’inscrit dans une dynamique d’outiller les organisations partenaires, notamment sur la participation des femmes à la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, le suivi du mécanisme de cessez-le-feu ainsi que la prévention des violences basées sur le genre.
« Dans un contexte particulier comme celui de Goma, il est impossible de consolider la paix sans la participation active des femmes. Leur implication est essentielle, notamment pour la collecte d’informations fiables liées à la circulation des armes et des cas de VBG. Il est donc crucial de mettre en place des mécanismes informels leur permettant d’alerter et de partager ces informations avec la MONUSCO », a souligné Nathalie Koné Traoré lors de son allocution à cet atelier.

Des initiatives concrètes
Par ailleurs, dans le cadre de ce partenariat, la MONUSCO appuie financièrement AEPaD et GAAD à travers des projets à impact rapide visant à améliorer les conditions de vie des populations et à renforcer la cohésion sociale.
À travers son unité de gestion des projets et la Section Genre, la MONUSCO finance actuellement quatre projets à impact rapide dans la ville de Goma, pour un peu plus de 180 000 dollars américains.
Ces initiatives, actuellement en cours d’exécution, contribuent notamment à l’amélioration de l’accès aux services de santé reproductive, à la prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre, ainsi qu’au renforcement de la sécurité urbaine grâce à l’éclairage public.
Parmi ces projets figure la construction d’un dispensaire disposant d’une maternité, destiné à desservir une population estimée à plus de 12 000 personnes aux alentours de la mairie de Goma. Cette infrastructure sera érigée sur un terrain mis à disposition par la mairie, dans l’aire de santé CASOP, zone de santé de Goma.
En outre, un projet d’éclairage public est en cours de mise en œuvre sur plusieurs avenues importantes de la ville, contribuant ainsi à la sécurisation des espaces publics.
Au total, 90 poteaux équipés de lampes alimentés par l’énergie solaires sont prévus pour renforcer l’éclairage public.
Au sujet de la maternité, Valérie Waso, représentante de GAAD, a, au sortir de cet atelier, salué l’accompagnement de la MONUSCO dans les domaines de la santé maternelle, de la prévention des violences basées sur le genre et de la santé reproductive. Elle a mis en avant le rôle déterminant des femmes dans les alertes communautaires, la dénonciation des violences et les initiatives locales de construction de la paix.
« Nous saluons l’accompagnement de la MONUSCO, notamment son appui financier à la construction de cette maternité qui permettra d’améliorer la prise en charge des femmes en détresse vivant aux alentours de la mairie de Goma. A cette occasion nous rappelons que les femmes jouent un grand rôle à travers les alertes communautaires, la dénonciation des violences et les initiatives locales de consolidation de la paix »,a-t-elle déclaré.
Des femmes engagées dans la prévention des conflits
Pour les participantes, cet atelier était une véritable opportunité pour en apprendre davantage sur l’autonomisation des femmes.
« L’atelier m’a permis de mieux comprendre comment subvenir à mes besoins tout en contribuant à la paix. Au sein de notre association, nous avons lancé une activité d’élevage et de vente de canards, qui nous aide à soutenir nos familles. J’ai également appris à signaler les cas de violences basées sur le genre à travers les mécanismes et numéros verts disponibles », a témoigné Faraja Lubungo, présidente d’une association d’épargne et de crédit (AVEC) à Kiziba II.
Comme elle, d’autres participantes ont également exprimé leur volonté de contribuer à la paix dans leurs communautés.
« Grâce à cette formation, je comprends désormais l’importance de ma voix dans la communauté. Je resterai attentive aux situations de violence et aux tensions, et je les signalerai aux autorités compétentes. Chaque alerte peut contribuer à prévenir les conflits et à protéger les femmes et les enfants », a déclaré Esther Amina, une autre participante.
Dans l’Est de la République démocratique du Congo, où la situation sécuritaire reste fragile, les mécanismes de suivi du cessez-le-feu offrent des espaces d’implication directe des femmes, notamment à travers la collecte d’alertes communautaires et le partage d’informations avec les acteurs de protection. Dans ce cadre, les interventions de la MONUSCO intègrent la dimension genre afin de renforcer la participation des femmes et d’améliorer l’efficacité des actions de stabilisation et de protection des civils.
Aline Kataliko


















