Le 16 avril 2026, la MONUSCO a remis officiellement aux autorités de la localité de Bavonkutu le pont Masinda, une infrastructure d’une capacité de 10 tonnes, construite par le contingent indonésien de la Mission dans le cadre de ses projets à impact rapide.
Situé dans la chefferie de Walese Vonkutu, à près de 7 kilomètres de Komanda, dans le territoire d’Irumu (Ituri), cet ouvrage facilite désormais la circulation des personnes et des biens, contribuant au renforcement des échanges entre Irumu et Mambasa, tout en améliorant la mobilité des forces de sécurité pour la protection des civils dans cette zone.
Pour l’économie et la mobilité
Dans cette zone à forte vocation agricole, où dominent la culture du cacao, la production de braises et le commerce de produits forestiers, la traversée de la rivière Masinda constituait jusqu’ici une gageure. Faute d’infrastructure adaptée – une passerelle en bois permettait le passage – la circulation restait difficile, notamment en saison des pluies, avec des conséquences directes sur l’approvisionnement des marchés locaux.
Au-delà de ces enjeux économiques, cette situation affectait également la mobilité quotidienne et la sécurité dans la zone. Les déplacements vers les écoles, les services sociaux ou entre villages restaient difficiles. Dans un contexte marqué par la présence de groupes armés, dont les ADF, l’accès limité compliquait aussi les interventions rapides des forces de sécurité.
Pour David Kambale Musayi, président des jeunes de Bavonkutu, ce changement est concret et immédiat.
« C’est un soulagement pour la population, commence-t-il. Ce pont est d’une importance capitale parce que c’est une route de desserte agricole essentielle, où passent la plupart des récoltes issues des travaux champêtres, mais aussi un axe très fréquenté par les véhicules qui empruntent la RN4. Avant, on utilisait une passerelle en bois. En période de pluie, la situation devenait vraiment dangereuse ».
M. Kambale estime que la construction du pont va va faciliter les déplacements, notamment pour les écoliers qui traversent chaque jour pour rejoindre les écoles de l’autre côté de la rivière.
« Sur le plan sécuritaire, poursuit-il, ce pont va permettre aux forces de sécurité de se déployer plus rapidement en cas d’alerte. »
Un levier concret pour la protection des civils
La dimension sécuritaire de cet ouvrage s’inscrit pleinement dans les efforts de la MONUSCO visant à renforcer la protection des civils.

« Dans l’exercice de notre mandat de protection des civils, certaines infrastructures sont essentielles pour améliorer la sécurité dans nos zones de responsabilité », explique Josiah Obat, chef de bureau de la MONUSCO à Bunia, avant d’ajouter :
« Ce pont facilite l’accès des populations, mais aussi celui des forces de sécurité, et contribue à connecter les villages et à réduire les tensions. »
Les autorités territoriales ont également salué ce projet, qui contribue à une approche plus large d’appui au développement et à la stabilisation du territoire d’Irumu.
Pour le colonel Siro Simba, administrateur du territoire, la construction du pont Masinda vient renforcer une série d’interventions menées avec l’appui de la MONUSCO :
« La MONUSCO ne cesse d’accompagner le gouvernement provincial à travers plusieurs projets à impact rapide visant à renforcer la sécurité et la cohésion sociale dans nos territoires. Le territoire d’Irumu a notamment bénéficié de la réhabilitation des axes routiers Komanda–Luna sur la RN4 et Komanda–Bunia sur la RN27, ainsi que d’infrastructures administratives, sanitaires et sécuritaires, notamment à Ofay et à Tchabi. »
Pour l’officier militaire, avec la construction du pont Masinda ici à Bavonkutu, « cette dynamique se poursuit et vient répondre à des besoins concrets des populations ».
Un appui à la stabilisation
La réalisation du pont fait suite à une demande exprimée par les jeunes et les leaders communautaires de la zone, confrontés depuis plusieurs années à l’absence d’une infrastructure adaptée. En y répondant, la MONUSCO apporte une solution concrète aux besoins des populations.
En facilitant la circulation des personnes et des biens, en améliorant l’accès aux services essentiels et en renforçant la mobilité des forces de sécurité, ce type d’ouvrage contribue directement à la protection des civils et à la réduction des vulnérabilités.
Dans la province de l’Ituri, où les défis sécuritaires, économiques et sociaux restent étroitement liés, chaque infrastructure devient un levier de stabilisation. À travers ces projets à impact rapide, la MONUSCO appuie ainsi les autorités nationales et provinciales dans leurs efforts pour renforcer durablement la sécurité des communautés.
Didier Vignon Dossou-Gbakon














