La Section des Affaires civiles de la MONUSCO a facilité la tenue d’un atelier sur la prévention et la gestion des conflits à l’intention des acteurs de la société civile du 13 au 16 avril à Bunia, chef‑lieu de la province de l’Ituri. L’atelier était organisé par l’ONG Mwangaza Peace.
Cette initiative visait à renforcer le rôle et l’engagement de la société civile dans la prévention, la gestion et la transformation des conflits, dans un contexte sécuritaire encore marqué par des violences récurrentes et des tensions communautaires.
L’atelier a réuni cinquante participants, dont vingt et une femmes, issus d’organisations non gouvernementales et d’associations communautaires actives dans les cinq territoires de l’Ituri – Aru, Djugu, Irumu, Mahagi et Mambasa – ainsi que des représentants de la coordination provinciale de la société civile de l’Ituri et de la ville de Bunia.
Pour une société civile plus efficace
Pendant quatre jours, les participants ont été outillés notamment sur le lobbying et les techniques de plaidoyer, le cadre juridique des organisations de la société civile, ainsi que leur rôle dans le processus de paix.
Les échanges ont également porté sur les conflits identitaires, la gestion, la résolution et la transformation des conflits, la cohésion sociale, ainsi que sur les instruments internationaux tels que la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les Femmes, la Paix et la Sécurité et la résolution 2250 sur la Jeunesse, la Paix et la Sécurité.
L'occasion a été mise à profit pour sensibiliser les acteurs pour qu’ils s’organisent en une société civile de plus en plus structurée et professionnelle, par le renforcement des Groupes thématiques.
Des plaidoyers parfois mal orientés
L’analyse collective de la situation socio‑sécuritaire de l’Ituri a mis en évidence un constat partagé : la persistance de conflits armés et intercommunautaires, souvent accompagnés d’un manque de confiance et de collaboration entre la population, la société civile et les autorités.
La coordonnatrice de l’ONG Mwangaza Peace, Gloire Mongo, a appelé les acteurs de la société civile à plus de rigueur et de responsabilité, notamment dans les dénonciations publiques :
« Parfois, nous constatons des failles dans certains plaidoyers relayés sur les réseaux sociaux ou dans les médias. Cela peut créer des tensions entre les autorités et la population, ce qui n’est pas souhaitable. »

Pour les participants, il est désormais essentiel de privilégier des plaidoyers constructifs, documentés et orientés vers des solutions durables, afin de renforcer la consolidation de la paix.
Un engagement collectif pour la paix
Conscients de leur rôle dans la mise en œuvre des accords de paix et dans l’alerte communautaire, les membres de la société civile se sont engagés à promouvoir plusieurs principes fondamentaux : neutralité et impartialité, respect des droits humains, inclusion et non‑discrimination, ainsi que le dialogue intra et intercommunautaire et le vivre‑ensemble.
Pour Innocent Wabekudu, responsable de la société civile à Mahagi, il s’agit d’un changement d’approche nécessaire :
« Nous ne devons pas aller seulement dans le sens des dénonciations. Les alertes sont importantes, mais nous devons davantage développer le plaidoyer et le lobbying pour que les problèmes de la population trouvent des solutions concrètes auprès des autorités. »
À l’issue des travaux, les participants ont signé un acte d’engagement et élaboré une feuille de route commune, destinée à renforcer l’efficacité de la société civile dans ses actions de plaidoyer et de prévention des conflits.
Cet engagement repose sur quatre piliers : la promotion de la paix et de la cohésion sociale ; la prévention et la transformation des conflits ; la promotion du plaidoyer pour la paix ; et
la promotion de l’inclusion, notamment des femmes et des jeunes.
Pour concrétiser ces engagements, les acteurs de la société civile prévoient la mise en place d’un cadre permanent de concertation, ainsi que le déploiement d’initiatives de paix aux niveaux provincial, territorial et local.
Au‑delà du renforcement des capacités, cette initiative soutenue par la MONUSCO vise aussi à consolider la collaboration entre la société civile, les autorités locales et les partenaires, condition essentielle pour une paix durable en Ituri.
Jean-Tobie Okala





