Le mois de décembre 2025 a été marqué par une série d’interventions et d’activités de protection des civils menées par la MONUSCO, notamment dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, qui restent touchées par l’activisme des groupes armés. Contrairement à ce que l’on pense parfois, la protection des civils ne se limite pas à l’action militaire. L’appui aux institutions, le dialogue communautaire et le soutien aux efforts de lutte contre l’impunité constituent également des initiatives essentielles, qui contribuent à renforcer un environnement protecteur avec l’implication des communautés affectées dans la recherche de solutions, tout en assurant une protection physique.
En Ituri, les casques bleus répondent
Les affrontements entre l’armée congolaise et le groupe armé Convention pour la Révolution Populaire (CRP) se sont poursuivis en Ituri tout au long du mois de décembre. À Kaa, dans le territoire de Djugu, ces combats ont entraîné d’importants déplacements de civils, parmi lesquels des personnes blessées par balle.
Les 6 et 7 décembre, les casques bleus de la MONUSCO se sont déployés dans les sites de déplacés et les villages environnants de Kaa afin de mener des patrouilles de jour comme de nuit, pour rassurer la population.
Conformément à son mandat, les casques bleus ont également eu recours à des tirs de sommation et, lorsque cela était nécessaire, ont riposté, dissuadant avec succès plusieurs attaques de la milice CRP contre des sites de déplacés.
En outre, un point de contrôle a été établi à l’entrée du site de déplacés de Bayoo, également dans le territoire de Djugu, afin de prévenir les infiltrations armées et de renforcer la sécurité des civils qui y résident.
Évacuation des blessés
Des civils ainsi que des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) blessés lors des affrontements ont reçu les premiers soins à la base de la MONUSCO à Bayoo. Certains ont été évacués par voie aérienne vers Bunia, capitale provinciale de l’Ituri, pour des soins médicaux spécialisés.
Entre le 26 et le 28 décembre, la Mission des Nations Unies a réalisé plusieurs évacuations médicales et assuré la relocalisation de nombreux civils en réponse à l’intensification des combats dans la zone de Bayoo. Le 26 décembre, une femme atteinte par balle a reçu des soins à la base de la MONUSCO avant d’être évacuée vers Fataki pour un traitement complémentaire.
Durant la même période, 12 civils pris dans des tirs croisés ont sollicité la protection de la MONUSCO et ont été relocalisés en toute sécurité à Fataki.
Les 27 et 28 décembre, la MONUSCO a conduit des opérations coordonnées d’évacuation médicale de civils blessés par des balles perdues, ainsi que d’enfants déplacés gravement malades, qui ont bénéficié de soins immédiats. Ces interventions ont contribué à réduire les risques pour la vie des civils et à assurer la continuité de l’accès aux soins, un besoin vital en période de combats.
Le dialogue pour faire baisser les tensions
Dans ce contexte de forte insécurité, la MONUSCO, en appui aux autorités congolaises, a facilité l’organisation de séances de dialogue communautaire réunissant les autorités provinciales, des représentants des FARDC, des Forces de défense ougandaises, ainsi que des leaders des principales communautés locales à Fataki, Bayoo et Bule (province de l’Ituri).
L’objectif de ces rencontres était de renforcer la coordination, le partage d’informations et la synchronisation des opérations afin de permettre une réponse sécuritaire plus cohérente face aux menaces visant les civils.
Ces séances ont également offert aux civils des espaces d’expression de leurs préoccupations concernant les menaces des groupes armés, la liberté de mouvement et la militarisation des sites de déplacés, tout en permettant à la MONUSCO de réaffirmer son engagement en faveur d’une présence accrue et de patrouilles conjointes.
Bien que la situation soit demeurée fragile, l’ensemble de ces efforts a contribué à atténuer les tensions communautaires, à contrer les perceptions négatives à l’égard des FARDC et de la MONUSCO, à renforcer les mécanismes d’alerte précoce et à réduire les risques de protection liés à la manipulation des civils par les groupes armés.
-Joël Bofengo








