À l’occasion de la Journée internationale contre l’utilisation des enfants soldats, célébrée le 12 février, la MONUSCO a organisé à Bunia une session de formation à l’intention de cinquante étudiants – dont vingt filles – de deuxième et troisième année de la Faculté de droit de l’Université de Bunia.
Cette activité visait à renforcer leurs connaissances sur les droits de l’enfant et leur protection en contexte de conflit armé, tout en les encourageant à devenir des relais communautaires en faveur de la paix et de la lutte contre le recrutement et l’utilisation des enfants par les groupes armés.
Une jeunesse plus active en faveur des droits de l’enfant
La province de l’Ituri demeure affectée par l’insécurité et la présence de groupes armés, exposant de nombreux enfants à des risques graves de violations de leurs droits.
Entre décembre 2025 et mi-janvier 2026, la MONUSCO a documenté une baisse significative des violations graves des droits de l’enfant, tout en intensifiant ses actions de prévention, de plaidoyer et de prise en charge. Ces efforts ont notamment permis la libération de plusieurs enfants victimes d’enlèvements, ainsi que l’assistance immédiate à plusieurs enfants victimes des conflits en Ituri et au Nord-Kivu.
« Cette formation vise à responsabiliser la jeunesse universitaire en lui donnant les outils nécessaires pour comprendre les mécanismes de protection existant et agir comme acteur de prévention dans son environnement. Les étudiants en droit sont appelés à devenir demain des magistrats, avocats ou leaders communautaires. Il est essentiel qu’ils intègrent dès aujourd’hui la protection de l’enfant comme priorité », explique Mathieu Ndongo Koni, responsable de la section Protection de l’Enfant de la MONUSCO à Bunia.
Il rappelle que la MONUSCO travaille avec le Gouvernement congolais sur la base d’un Plan d’action signé en 2012 avec les Nations Unies, visant à mettre fin au recrutement et à l’utilisation des enfants, ainsi qu’aux six violations graves commises contre les enfants en situation de conflit armé : les meurtres et mutilations, les violences sexuelles, les enlèvements, les attaques contre les écoles et les hôpitaux et le refus d’accès à l’assistance humanitaire.
La Mission assure également le monitoring des violations graves et mène un plaidoyer constant auprès des groupes armés pour la libération des enfants associés à leurs rangs. Ces enfants sont ensuite référés vers des structures de prise en charge opérant avec l’appui de la MONUSCO et de l’UNICEF.
Des étudiants engagés pour la sensibilisation
Antoine Alur, étudiant en droit économique et des affaires reconnaît qu’«avec la situation que traverse notre province, beaucoup d’enfants sont en difficulté ».
«Certains vivent dans la rue, d’autres sont associés à des groupes armés. Cette formation nous donne des bases solides pour sensibiliser nos communautés et défendre les droits des enfants», assure-t-il.
Sarah Amuti, étudiante en troisième année de droit, confie qu’avant cette formation, elle pensait, à tort, que certains droits étaient plus importants que d’autres.
«Je sais désormais qu’ils sont tous essentiels et complémentaires, conformément au principe d’indivisibilité et d’interdépendance des droits de l’enfant. Après cette formation, je m’engage à sensibiliser ma famille et ma communauté», promet-elle.
Créer des vocations pour la paix
Au-delà de la formation théorique, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO en matière de protection des civils et de protection de l’enfance, ainsi que dans la promotion de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité.
En formant ces étudiants, la Mission contribue à faire émerger une nouvelle génération de défenseurs des droits de l’enfant, capables de promouvoir la paix, la cohésion sociale et le respect des droits humains en Ituri.
La MONUSCO poursuit son engagement aux côtés de l’UNICEF, des autorités nationales et de la société civile afin de renforcer les mécanismes de prévention et d’intervention en faveur de la protection de l’enfant.
-Didier Vignon Dossou-Gbakon














