L’Auditorat militaire supérieur de l’Ituri dispose désormais d’une salle technique et de formation, inaugurée le 17 février 2026 à Bunia. Financée à hauteur de 49 998 dollars américains par la MONUSCO dans le cadre des Projets à impact rapide, cette infrastructure s’inscrit dans le cadre de l’appui continu de la Mission à la justice militaire, l’une des institutions essentielles dans la lutte contre l’impunité.
Le bâtiment comprend une salle de formation entièrement équipée d’outils informatiques, un secrétariat sécurisé ainsi qu’une salle technique dédiée aux investigations numériques et à l’analyse digitale des traces et indices matériels permettant de reconstituer le déroulement des infractions.
Cette nouvelle infrastructure devrait permettre d’améliorer les capacités opérationnelles et techniques du parquet militaire.
Un outil pour moderniser les enquêtes
Pour le Colonel Joseph Makelele, auditeur militaire supérieur près la Cour militaire de l’Ituri, la portée de cette infrastructure est double :
« Cette salle servira à la fois d’espace de formation pour nos séminaires, sessions de renforcement des capacités et réunions stratégiques, mais aussi de laboratoire d’analyse et de criminalistique digitale. Elle nous permettra de mener des investigations numériques, de récupérer et d’analyser des preuves digitales exploitables devant le juge. »
Il souligne qu’avant cet appui, l’Auditorat ne disposait pas d’expertise technique suffisante en matière d’investigation numérique.
« Avant cette inauguration, en termes d’experts, nous n’en avions pas. Nous avons eu trois formations avec la MONUSCO, notamment une à Kinshasa, pour nous permettre d’être à niveau face à certains problèmes, par exemple repérer un criminel de guerre ou un réseau criminel. Si l’on retrouve un criminel avec un appareil électronique, c’est avec ce laboratoire que nous pourrons récolter et analyser les données de l’appareil », explique-t-il.
Selon lui, cette salle va surtout renforcer la lutte contre l’impunité, permettre une meilleure formation des magistrats et enquêteur du parquet et offrir davantage de moyens de preuve une fois que le laboratoire sera pleinement opérationnel.
Répondre aux nouveaux défis de la criminalité
Pour Aimé Lobi, conseiller du Gouverneur chargé des questions juridiques, cette initiative répond à l’évolution des formes de criminalité auxquelles la justice doit faire face :
« Notre système judiciaire accusait certaines insuffisances parce qu’aujourd’hui le monde a évolué. Nous faisons face à la persistance de groupes armés et à des réseaux criminels opérant parfois à travers des outils numériques, sans disposer des moyens adéquats pour répondre à ce défi. Ce bâtiment que la MONUSCO vient de nous remettre aidera nos acteurs judiciaires, grâce aux équipements disponibles, à améliorer les mécanismes d’enquête. Sans dispositif efficace d’investigation, il est difficile de démanteler ces réseaux et de lutter efficacement contre l’impunité. »
Consolider l’État de droit en Ituri
Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire encore fragile, où la justice militaire joue un rôle déterminant dans la lutte contre l’impunité et la restauration de l’autorité de l’État. Dans une province marquée par des conflits armés et des violations graves des droits de l’homme, le renforcement des capacités judiciaires constitue un pilier essentiel de la protection des populations.
Quelques mois avant cette initiative, la justice militaire de l’Ituri avait déjà bénéficié d’un appui majeur pour la digitalisation des données judiciaires, renforçant ainsi l’efficacité du traitement des preuves et des informations dans la province.
En juin 2023, la Mission avait en effet financé la construction d’un bâtiment administratif destiné à la Cour militaire et à l’Auditorat militaire supérieur de l’Ituri, offrant des conditions de travail plus dignes et un cadre mieux adapté à l’instruction des dossiers.
Didier Vignon Dossou-Gbakon












