MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Kinshasa : 20 officiers de police judiciaire congolais formés sur le traitement des dossiers relatifs aux violences sexuelles

UNPOL training
From May 11 to 15, UNPOL trained twenty Congolese judicial police officers in Kinshasa last week on handling cases related to sexual violence. ©MONUSCO Walid Bouzayane

La police de la MONUSCO (UNPOL) a formé la semaine dernière à Kinshasa vingt officiers de police judiciaire congolais sur le traitement des dossiers en rapport avec les violences sexuelles basées sur le genre.

Du 11 au 15 mai, ils ont notamment appris à rédiger des procès-verbaux, identifier les infractions et conduire des auditions ciblées et collaborer efficacement avec les magistrats pour fluidifier le traitement des dossiers de violences sexuelles.

Pour les organisateurs, l’objectif est d’outiller la police congolaise afin qu’elle accompagne mieux les victimes des violences sexuelles pour permettre une meilleure administration de la justice.

«Il s’agit d’un domaine en constante évolution. Il y a des lois qui évoluent avec le temps», reconnaît la commissaire principale Ornella Zawadi Musoki qui dit constater que «tous les officiers de police judiciaire ne maîtrisent pas encore suffisamment les évolutions juridiques» introduites récemment dans le domaine des violences sexuelles.

UNPOL organise régulièrement ce genre de formations afin de permettre une formation continue de la police congolaise pour la rendre davantage capable de défendre les citoyens et de protéger les plus vulnérables face aux violences sexuelles.

«On doit renforcer la compétence des OPJ afin d’aassurer la sécurité d'abord de la victime et de lutter contre l'impunité. Nous sommes dans un pays où le viol et autres infractions sur les violences sexuelles basées sur le genre sont fréquents. Et donc si les OPJ ne sont pas formés, il y aura assez de cas de criminalité, des crimes et des infractions qui ne seront pas poursuivis», fait savoir, pour sa part, Mélanie Ngandu, membre du parquet qui faisait partie des formateurs.

Au-delà de la formation technique, cette initiative comportait également une dimension plus humaine : amener les policiers à faire en sorte que les victimes soient mieux écoutées et accompagnées. Ce qui devrait permettre que les procédures judiciaires gagnent en rapidité et en crédibilité.

«Cette formation représente un besoin majeur pour la police qui est directement en contact avec la population ainsi qu’avec les victimes, s’enthousiasme la commissaire principale Ornella Zawadi Musoki. Il est essentiel de renforcer les connaissances des policiers afin de leur permettre d’accomplir efficacement leur mission de protection des personnes, notamment dans le cadre spécifique de la protection des victimes de violences sexuelles.»

Les échanges entre magistrats et policiers, essentiels au bon fonctionnement de la justice, révèlent souvent les difficultés rencontrées dans l’élaboration de procès-verbaux, la transmission des rapports médicaux et la prise en charge des victimes. Cette formation a tenté de combler ces lacunes.

 

Stéphane KABANGA et Joël BOFENGO