Au dernier jour de sa visite en Ituri, jeudi 23 avril 2026, le chef de la MONUSCO, James Swan, s’est rendu à Fataki, dans le territoire de Djugu, où la base du contingent népalais de la Mission demeure un point d’appui essentiel pour la protection des civils et un lieu de refuge pour de nombreuses familles déplacées.
Sur place, il a rencontré les autorités locales, des responsables de sites de déplacés ainsi que des représentants des communautés affectées par les défis sécuritaires. Les échanges ont porté sur la situation sécuritaire et les efforts conjoints menés pour favoriser le retour de la paix dans cette partie de l’Ituri.
Une présence jugée essentielle
L’administrateur du territoire de Djugu, Ruffin Mapela a salué la visite du le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, estimant qu’elle témoigne de l’attention particulière portée à la situation des populations locales.
« Nous avons échangé sur deux aspects : la situation sécuritaire qui prévaut dans le territoire de Djugu, mais aussi la situation des déplacés, dont le nombre ne cesse d’augmenter autour de la base de la MONUSCO parce qu’ils s’y sentent en sécurité », a-t-il expliqué.
Il a également mis en avant la collaboration entre la MONUSCO et les forces de sécurité congolaises, notamment à travers les patrouilles conjointes menées pour sécuriser la RN27 et protéger les populations.
« L’apport de la MONUSCO est capital dans notre territoire. Nos forces de sécurité et la MONUSCO mènent des patrouilles conjointes. Nous souhaitons que ce partenariat soit renforcé afin de stabiliser durablement la zone », a-t-il ajouté.

Les déplacés entre protection et contraintes persistantes
À Fataki, dans le territoire de Djugu, des milliers de civils ont trouvé refuge autour de la base de la MONUSCO, fuyant les violences liées à l’activisme des groupes armés dans cette partie de l’Ituri. Dans cette zone stratégique, la présence des Casques bleus constitue un point d’ancrage sécuritaire pour des populations déplacées vivant souvent dans des conditions précaires.
À l’échelle de la province, plusieurs centaines de milliers de déplacés vivent dans des sites ou à proximité des positions de la MONUSCO, où ils recherchent avant tout protection et stabilité.
« La MONUSCO assure quotidiennement notre sécurité grâce aux patrouilles de jour comme de nuit. Nous attendons généralement les patrouilles pour nous rendre aux champs », témoigne un déplacé.
Il explique avoir récemment alerté les Casques bleus après des tirs entendus près de son champ. Leur intervention rapide a permis de sécuriser la zone et de ramener une accalmie dans les environs.
Si cette présence rassure, les contraintes restent nombreuses. Dans plusieurs localités de Djugu, notamment à Bule, Djaiba et Lodha, l’accès aux champs demeure limité en raison de l’insécurité, rendant le quotidien des déplacés particulièrement difficile.
Les populations rencontrées ont ainsi insisté sur la nécessité de renforcer les efforts sécuritaires afin de créer les conditions d’un retour progressif et durable dans leurs villages.
Le chef de la MONUSCO a réaffirmé l’engagement de la Mission à poursuivre ses efforts aux côtés des autorités congolaises, notamment en matière de protection des civils, d’appui au désarmement des groupes armés et de stabilisation. Tout en saluant la résilience des communautés, il a également pris note des préoccupations en matière d’accès aux services essentiels, assurant que ces alertes seraient relayées auprès des acteurs humanitaires.
Une tournée placée sous le signe de l’écoute
La visite de Fataki a clôturé le séjour de James Swan en Ituri, effectué du 21 au 23 avril 2026. Au cours de cette mission, le Représentant spécial a successivement rencontré les autorités, les forces de sécurité, la société civile, les femmes, les jeunes, ainsi que des représentants des déplacés et des communautés vulnérables, dans une démarche centrée sur l’écoute et le dialogue.
Lors d’une conférence de presse tenue à Bunia avant son départ, il a résumé le message recueilli sur le terrain: les populations aspirent avant tout à la sécurité, à la liberté de circulation et à une vie digne, à l’abri de la peur.
« La MONUSCO reste pleinement engagée dans son mandat, notamment la protection des civils, l’appui au processus de désarmement et la stabilisation. Ces efforts reposent sur une collaboration étroite avec les autorités congolaises et les communautés locales, que nous continuerons à consolider. C’est une responsabilité partagée », a-t-il déclaré.
À l’issue de cette conférence de presse, James Swan s’est envolé pour Goma, où il achève sa tournée dans l’est de la République démocratique du Congo.
Didier Vignon Dossou-Gbakon






















