MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Paix au Nord-Kivu : des femmes de la société civile écrivent à James Swan

James Swan arrivant à Goma
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et Chef de la MONUSCO, M. James Swan, à Goma vendredi 24 avril 2026, dans le cadre de sa première visite de terrain dans l’Est du pays. ©MONUSCO / Aubin Mukoni

Des femmes membres d’organisations de la société civile du Nord-Kivu expriment leurs préoccupations face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire et humanitaire et souhaitent que le mandat du nouveau chef de la MONUSCO contribue au retour de la paix dans leur province.

Dans une lettre adressée au Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et Chef de la MONUSCO, M. James Swan, en marge de sa visite à Goma la semaine dernière, les représentantes de la société civile saluent la présence et les efforts de la Mission dans un contexte marqué par des violences continues contre les populations civiles, et exhortent la MONUSCO à intensifier ses actions afin de produire des résultats concrets, visibles et mesurables, en particulier en matière de protection des civils et de respect de leurs engagements par les parties au conflit.

Ces femmes rappellent que les événements survenus en janvier 2025, notamment la prise de Goma par l’AFC/M23, ont profondément affecté les conditions de vie des populations. Selon elles, cette situation a entraîné une précarité accrue pour de nombreuses familles, aggravée par la perturbation des services essentiels, notamment la fermeture de l’aéroport de Goma et des institutions bancaires.

Elles décrivent une réalité quotidienne difficile, caractérisée par la peur, les déplacements forcés, la perte des moyens de subsistance ainsi que les violences, notamment les violences sexuelles liées au conflit et les violences basées sur le genre.

Ces femmes soulignent également que dans les territoires de Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et Walikale, les femmes et les filles restent particulièrement exposées aux conséquences de l’insécurité, avec un espace d’expression publique réduit sous l’effet des menaces et des violences.

Nécessité d’actions concrètes pour une paix durable

Pour assurer le retour de la paix dans leur province, les femmes leaders de la société civile du Petit Nord souhaitent notamment que le chef de la MONUSCO mobilise l’ensemble des acteurs concernés.

Elles plaident pour une sécurité renforcée, une participation effective des femmes aux processus de prise de décision, et un soutien concret à leurs initiatives de paix, notamment à travers des mécanismes de protection efficaces, l’octroi d’espaces de participation, et des investissements nécessaires pour leur autonomie économique.

Par ailleurs, les signataires de la lettre mettent l’accent sur l’importance du respect du cessez-le-feu, estimant que les femmes doivent être associées à son suivi, notamment à travers le partage d’informations sur sa mise en œuvre.

Elles appellent aussi au renforcement du soutien aux médiatrices communautaires, dont le rôle est essentiel dans la promotion de la cohésion sociale et du dialogue, rappelant que les blessures sociales et les ressentiments constituent des obstacles majeurs au processus de paix.

Tout en félicitant James Swan pour sa nomination, elles disent enfin espérer que son mandat marquera un tournant décisif pour les populations du Nord-Kivu et contribuera à l’avènement d’une paix durable dans la province.