Les femmes qui ont pris part lundi 30 mars à Kinshasa au Forum consacré à l’intégration du genre dans la future Politique de sécurité nationale ont recommandé que soit pleinement assimilé « la dimension genre » dans ce nouveau cadre actuellement en élaboration pour « mieux protéger le citoyen congolais ».
« Les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires de la sécurité ; elles en sont des actrices de première ligne, tant dans la prévention, l’alerte communautaire, la cohésion sociale, la médiation, la résilience que la reconstruction », a notamment fait prévaloir la Première ministre Judith Suminwa devant des femmes issues de la société civile et des organisations de défense des droits des femmes.
Ce forum dont la MONUSCO a appuyé l’organisation avait pour objectif de promouvoir une participation accrue des femmes dans les instances et institutions de sécurité, notamment au sein de l’armée, de la police, des service de renseignements, de la douane et du Conseil national de sécurité.
Le Forum des femmes s’inscrit dans la continuité du processus d’élaboration de la Politique de sécurité nationale, actuellement conduite sous la coordination du Conseil national de sécurité.
Pendant les discussions, des chiffres ont été avancés au sujet de la représentation féminine au sein de l’armée et de la police. Au sein des Forces armées de la RDC, les femmes représentent 2,13% d’officiers généraux. Ce chiffre tombe à 0,03% au sein de la Police nationale congolaise.
Le Gouvernement que j’ai l’honneur de diriger est guidé par la ferme conviction que sans inclusion et intégration du genre dans la politique de sécurité nationale, il ne serait en aucun cas possible de parler de politique de sécurité crédible.
Pour Judith Suminwa, une institution de sécurité non représentative de la société se prive de compétences essentielles, d’informations et de confiance.
De son côté, Faida Mwangilwa, point focal du Groupe consultatif des femmes pour la réforme du secteur de sécurité (GCFRSS) – qui a organisé le forum – a déploré les obstacles persistants à l’intégration des femmes dans les services de sécurité.
Elle a souligné qu’il était nécessaire de dépasser les stéréotypes et de lever les barrières structurelles qui limitent le recrutement et l’évolution des femmes, malgré leurs compétences.
« Impératif stratégique »
Dans son allocution, Mame Ely Dieng, coordonnateur de la Division de l’État de Droit et Institutions de Sécurité (ROLSID) de la MONUSCO, a soutenu que l’intégration du genre dans le secteur de la sécurité ne relève pas uniquement d’une exigence normative ou d’un engagement international.
A l’en croire, il s’agit avant tout d’ un « impératif stratégique pour garantir l’efficacité, la légitimité et la durabilité des politiques nationales ».
Il a notamment rappelé que la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies appelle à l’intégration de la dimension du genre dans les politiques et actions liées à la paix et à la sécurité et plaide pour la participation accrue des femmes dans les processus de paix ainsi que la protection de leurs droits en période de conflit (violences sexuelles et sexistes en période de conflit).
Intégrer les perspectives des femmes, c’est non seulement reconnaître leur rôle essentiel, mais aussi s’assurer que notre architecture de sécurité reflète fidèlement les réalités, les besoins et les aspirations de l’ensemble des citoyens. Par conséquent, une politique qui négligerait ces forces vives resterait incomplète et, de ce fait, moins pertinente, moins performante et surement moins légitime.
À l’issue du forum, il a notamment été recommandé d’améliorer les politiques et pratiques institutionnelles au sein des forces de défense et de sécurité ; de nommer des femmes compétentes dans la chaîne de commandement et aux postes de décision et d’intégrer pleinement la dimension genre dans la future politique nationale de sécurité.












