MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

À Goma, un nouveau bataillon des casques bleus uruguayens pour perpétuer un engagement en Afrique vieux de 25 ans

La cérémonie de Goma s’inscrit dans une histoire plus large : celle de 25 années d’engagement uruguayen dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies en Afrique.
La cérémonie de Goma s’inscrit dans une histoire plus large : celle de 25 années d’engagement uruguayen dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies en Afrique. ©MONUSCO / Jean-Claude Wenga
Le Bataillon Uruguay IV de la MONUSCO a procédé le 1ᵉʳ septembre à Goma à une cérémonie de passation de commandement. Un moment important pour les Casques bleus uruguayens et pour la Mission onusienne qui a rendu hommage à des soldats de la paix ayant servi dans un contexte particulièrement exigeant en République démocratique du Congo.
La cérémonie a été présidée par le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général (a.i.), M. Gani Are, en présence de plusieurs responsables des Nations Unies, ainsi que de représentants des composantes civile, militaire et policière de la Mission.
À cette occasion, le colonel Mathias H. Capó a officiellement pris ses fonctions de commandant du bataillon et du contingent uruguayen. Le colonel Rodolfo Ramírez sera le commandant en second.
Le départ de ce bataillon et l’arrivée du nouveau qui va prendre sa place marque également une nouvelle étape dans l’histoire de l’engagement uruguayen en Afrique, vieux de 25 ans.
En République démocratique du Congo, les commandants successifs et leurs troupes ont œuvré pour mettre leurs compétences et leurs capacités au service de la paix et de la stabilité, en appui à la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO.
Hommage à un bataillon qui a servi dans des circonstances difficiles
La relève concerne 177 militaires sur les 748 que compte le contingent. Parmi le personnel restant en poste figurent 47 femmes militaires. Le dernier vol transportant les casques bleus du nouveau bataillon est attendu prochainement, marquant ainsi l’achèvement du processus de relève.
Cette transition est aussi un moment particulier pour celles et ceux qui quittent la République démocratique du Congo après plusieurs mois de service. Pour beaucoup, le départ signifie retrouver leurs familles et leurs proches, mais aussi laisser derrière eux une expérience humaine et professionnelle marquée par les réalités du terrain, les défis rencontrés et les liens noués au cours de leur mission.
Bataillon uruguayen
Dans son allocution, M. Gani Are a salué le courage et le dévouement de ce bataillon qui quitte le Congo, rappelant les circonstances particulièrement difficiles dans lesquelles elle a effectué sa mission.
« Aujourd’hui, nous nous réunissons pour rendre hommage à une rotation qui, par son courage et ses sacrifices, a écrit une page indélébile de l'histoire d’URUBATT en République démocratique du Congo. »
Il a notamment rappelé que, sous le commandement du colonel Julio Giménez, ces troupes ont fait face à la crise ayant suivi les combats de Goma en janvier 2025.
Elle l’a fait, a-t-il souligné, « avec héroïsme, discipline, professionnalisme et un engagement indéfectible en faveur de la paix et de la population que nous servons ».
Pour M. Are, cette contribution ne saurait être dissociée des hommes et des femmes qui ont porté l’uniforme uruguayen et servi sous le drapeau des Nations Unies :
« Nous exprimons notre profond respect et notre gratitude éternelle à chacun des hommes et des femmes qui, par leur dévouement, leur courage et leur service désintéressé, ont rendu cette mission possible. »
« Ce qui a véritablement distingué ce bataillon, c’est son humanité »
Pour le colonel Roberto Wenzel, commandant sortant du bataillon, le bilan de la rotation ne se mesure pas uniquement à travers les résultats opérationnels. Il a insisté sur une dimension qui, selon lui, restera au cœur de l’expérience vécue par le bataillon : l’humanité.
« Ce qui a véritablement distingué ce bataillon, c’est son humanité : au-delà de ses performances opérationnelles, ces hommes et ces femmes ont œuvré avec courage, discipline et engagement au service de la paix et dans l’accomplissement du mandat des Nations Unies en République démocratique du Congo », a-t-il fait savoir.
En prenant officiellement le commandement du contingent uruguayen, le colonel Mathias H. Capó a exprimé son honneur d’assumer cette nouvelle responsabilité.
Il a affirmé sa volonté de s’inscrire dans la continuité du travail accompli par ses prédécesseurs, tout en ouvrant une nouvelle étape pour le contingent.
Une histoire de 25 ans qui se poursuit
La cérémonie de Goma s’inscrit dans une histoire plus large: celle de 25 années d’engagement uruguayen dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies en Afrique.
Au fil des années, de nombreux Casques bleus uruguayens se sont succédé sur le terrain, transmettant leurs expériences, leurs valeurs et leur sens du devoir à leurs successeurs.
Cette continuité était particulièrement visible lors de la cérémonie : tandis qu’une rotation faisait ses adieux à la Mission, une autre prenait le relais avec la même volonté de servir sous le mandat des Nations Unies.

-Jean-claude WENGA