MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

En Ituri, la MONUSCO mobilisée pour des « Écoles plus sûres »

Chaque jour, des patrouilles conjointes sont organisées avec les FARDC autour des écoles et dans les secteurs les plus exposés aux attaques armées. 
Chaque jour, des patrouilles conjointes sont organisées avec les FARDC autour des écoles et dans les secteurs les plus exposés aux attaques armées. ©MONUSCO
Deux semaines après la reprise des cours sur toute l’étendue du territoire national, des milliers d’enfants de l’Ituri retrouvent le chemin de l’école en toute sécurité grâce à la campagne « Écoles plus sûres » (Safer Schools) mise en œuvre par , la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), en étroite collaboration avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Cette campagne est saluée par les acteurs de l’éducation qui se félicite de voir les enfants aller à l’école malgré l’insécurité persistante liée aux activités des groupes armés et les risques sanitaires associés à la maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans la province.
« Écoles plus sûres » a pour objectif de renforcer la protection des élèves, des enseignants et des communautés tout en favorisant la continuité de l’éducation dans les zones fragilisées par les conflits.

Aller à l’école en sécurité
À Bayoo, dans le territoire de Djugu, les actions menées dans le cadre de cette campagne contribuent à recréer un climat de confiance autour des établissements scolaires. Grâce à l’engagement conjoint des autorités locales, des communautés et des Casques bleus de la MONUSCO, de nombreux enfants ont pu reprendre le chemin de l’école après plusieurs épisodes d’insécurité qui avaient perturbé leur scolarité.
Les Casques bleus bangladais déployés dans la zone, avec l’appui des assistants de liaison communautaire (CLA), intensifient les activités de proximité destinées à renforcer la protection des civils. Chaque jour, des patrouilles conjointes sont organisées avec les FARDC autour des écoles et dans les secteurs les plus exposés aux attaques armées.
Les équipes assurent également une surveillance régulière des principaux axes empruntés par les élèves et les enseignants, maintiennent un dialogue constant avec les responsables scolaires et les parents d’élèves, et partagent des informations sécuritaires pertinentes avec les autorités locales.
L’objectif est de prévenir les menaces, rassurer les communautés et permettre aux enfants de poursuivre leur éducation dans des conditions de sécurité renforcées.
Cette présence est particulièrement importante dans une zone qui compte près de 54 établissements scolaires, dont neuf dans la région de Bule. Plusieurs de ces écoles ont été contraintes de suspendre temporairement leurs activités à la suite d’attaques ou de menaces attribuées à des groupes armés, affectant durablement l’apprentissage des enfants et la stabilité des communautés.
La sécurité, condition de l’apprentissage
Le retour progressif des élèves dans les salles de classe témoigne des résultats encourageants de cette approche.
« Nous vous remercions sincèrement pour les patrouilles que vous effectuez ainsi que pour les fournitures scolaires que vous nous avez données. Grâce à votre présence et à votre engagement, nous nous sentons davantage en sécurité, ce qui nous permet d’étudier dans de meilleures conditions. Nous vous prions de bien vouloir continuer à assurer notre sécurité afin que nous puissions poursuivre nos études dans un environnement calme et sécurisé. Merci pour votre soutien et pour tous les efforts que vous consacrez à notre protection », confie un élève interrogé à l’École primaire d’Arr, située à quatre kilomètres au nord de Bayoo.
La campagne « Écoles plus sûres » avait été lancée en janvier dernier.
Elle a notamment montré son efficacité durant toute la période des épreuves de l’Examen d’Etat, qui sanctionnent la fin des études secondaires.
Entre le 22 et le 25 juin, près de 15 000 élèves ont pu passer les épreuves en toute sécurité dans la zone d’opérations de la Mission en Ituri. À ceux-ci se sont ajoutés près de 3 000 candidats venus des territoires d’Aru, de Mahagi et de Mambasa, portant à près de 18 000 le nombre total d’élèves ayant bénéficié d’un environnement sécurisé pour présenter cet examen national.
Les différents contingents du Secteur Nord de la MONUSCO ont conduit des patrouilles régulières, des missions d’escorte et des opérations de sécurisation, en coordination étroite avec l’armée congolaise et la Division provinciale de l’Éducation. Ces mesures ont permis aux candidats de passer leurs examens dans de bonnes conditions.
Des écoles sûres et saines
Au-delà de la sécurité, la campagne « Écoles plus sûres » met également l’accent sur la santé publique. Au cours des deux dernières semaines, les Casques bleus de la MONUSCO basés à Bayoo ont organisé 29 séances de sensibilisation à l’intention des élèves, des enseignants, des parents et des leaders communautaires afin de renforcer les connaissances sur la prévention de la maladie à virus Ebola.
Les participants sont formés aux gestes essentiels de protection, notamment le lavage régulier des mains, l’hygiène personnelle, l’assainissement du milieu de vie, la reconnaissance précoce des signes d’alerte et la nécessité de signaler rapidement tout cas suspect aux autorités sanitaires compétentes.
Les séances permettent également de lutter contre la désinformation et les rumeurs susceptibles de compromettre les efforts de prévention. Les communautés sont encouragées à se référer aux sources officielles et à suivre les recommandations des autorités sanitaires.
À travers cette approche qui associe protection des civils, soutien à l’éducation et prévention sanitaire, la MONUSCO continue d’accompagner les communautés de l’Ituri dans leurs efforts pour bâtir un environnement plus stable et plus résilient.
Jean-Tobie Okala