MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Ituri : à Bunia, UNPOL sensibilise les femmes à la prévention des cancers et des violences sexuelles

UNPOL Bunia
La rencontre a permis aux participantes de poser des questions et d’échanger sur des sujets encore insuffisamment abordés dans certaines communautés. ©MONUSCO Photo Didier Vignon Dossou-Gbakon

À l’occasion d’Octobre Rose, le mois consacré à la sensibilisation au cancer du sein, la Police des Nations Unies (UNPOL) à Bunia a organisé, ce mercredi 28 octobre, une séance d’information sur la prévention des cancers du sein et du col de l’utérus, ainsi que sur les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG). L’activité a réuni une cinquantaine de femmes de la Police nationale congolaise (PNC), de l’unité de police constituée sénégalaise, des organisations de la société civile et de la communauté locale.

Dans une province où les femmes restent confrontées à des défis importants en matière de santé et de protection, cette initiative visait à renforcer leurs connaissances sur les facteurs de risque, les signes d’alerte et l’importance du dépistage précoce des cancers féminins. Les échanges ont également porté sur la prévention des violences sexuelles et basées sur le genre, les mécanismes de signalement et les services de prise en charge disponibles.

Informer pour mieux prévenir

Animée par des professionnels de santé et des acteurs engagés dans la protection des femmes, la rencontre a permis aux participantes de poser des questions et d’échanger sur des sujets encore insuffisamment abordés dans certaines communautés.

Pour Dr José Wanican, gynécologue et directrice du Centre de référence de Bunia, la sensibilisation constitue un levier essentiel pour encourager le dépistage précoce et améliorer la prise en charge des patientes. Selon les données présentées par cette dernière, le cancer du sein serait responsable de 3 416 décès par an en RDC. En Ituri, faute de statistiques consolidées, chaque zone de santé déclarerait au moins deux cas par mois.

« Nous avons passé en revue les facteurs de risque, les symptômes et les moyens de prévention des cancers du sein et du col de l’utérus. En Ituri, les besoins en sensibilisation restent importants. Malgré les efforts des associations féminines, il demeure difficile d’atteindre toutes les communautés, notamment en raison de l’insécurité dans certaines zones », explique-t-elle.

Des femmes sensibilisées, des communautés mieux informées

Au-delà des informations médicales, les organisateurs ont souhaité faire des participantes des relais de sensibilisation au sein de leurs familles, de leurs quartiers et de leurs communautés.

Pour Esther, vendeuse au marché central de Bunia, cette rencontre a permis de mieux comprendre l’importance d’agir rapidement face aux problèmes de santé et aux violences.

« J’ai compris qu’il ne faut pas attendre lorsque l’on remarque quelque chose d’anormal sur son corps. Il est important de consulter rapidement un médecin. Nous avons aussi appris vers qui nous tourner pour signaler les violences sexuelles. À notre tour, nous allons partager ces informations avec d’autres femmes, notamment celles qui n’ont pas eu la possibilité de participer à cette rencontre », témoigne-t-elle.

Renforcer la prévention et l’accompagnement des survivantes

La rencontre a également mis l’accent sur la prévention des violences sexuelles et basées sur le genre et l’accompagnement des survivantes.

« Notre organisation accompagne les femmes survivantes de violences, notamment à travers des formations professionnelles pour favoriser leur autonomie. Mais la prévention passe avant tout par la sensibilisation des communautés et une meilleure connaissance des services de prise en charge », souligne Noëlla Mwinda, coordonnatrice de l’ONG Fraternité.

En réunissant policières congolaises, Casques bleus, professionnels de santé, acteurs de la société civile et citoyennes, cette initiative de la MONUSCO avait également pour objectif de renforcer la collaboration avec les communautés et à faire des participantes des relais de sensibilisation sur la santé et la protection des femmes.

 

Didier Vignon Dossou-Gbakon