MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Goma : les femmes appelées à jouer un rôle plus important dans la consolidation de la paix

Une soixantaine de femmes de Goma ont participé le 25 mars au forum provincial sur la participation des femmes au processus de paix organisé par la section Genre de la MONUSCO.
Une soixantaine de femmes de Goma ont participé le 25 mars au forum provincial sur la participation des femmes au processus de paix organisé par la section Genre de la MONUSCO. Photo MONUSCO © Alain WANDIMOYI

Une soixantaine de personnes dont des membres d’associations féminines, des jeunes filles et jeunes hommes ont participé le 25 mars 2026 à Goma au forum provincial sur la participation des femmes au processus de paix, organisé par la section Genre de la MONUSCO, en partenariat avec le Collectif des associations féminines pour le développement.

Ce forum s’inscrit dans une dynamique de promotion de la participation active des femmes à la prévention et à la résolution des conflits, ainsi qu’à la consolidation de la paix et au développement durable, dans une région qui connaît encore une situation sécuritaire préoccupante.

Issues de différentes organisations féminines, de la société civile, ainsi que des réseaux de jeunes femmes médiatrices de la ville de Goma et du territoire de Nyiragongo, les participantes ont répondu présentes à l’invitation, malgré la forte pluie qui s’est abattue sur la ville, témoignant de leur engagement pour la paix.

L’ouverture du forum a été présidée par Mamouna Ouedraogo, cheffe de la composante Police de la MONUSCO, en visite dans la ville.

Dans son allocution, elle a souligné le rôle crucial des femmes dans les processus de paix, regrettant leur faible implication lors des négociations de paix.

« Les femmes leaders ont un rôle très important à jouer dans les accords de paix. Bien que souvent absentes des discussions, leur voix doit être prise en compte, notamment dans les mécanismes en cours de mise en place du cessez-le-feu », a-t-elle déclaré.

De son côté, Nathalie Kone Traore, représentante de la Section Genre de la MONUSCO, a exhorté les femmes à renforcer leur engagement pour le retour de la paix dans la région.

« Il est temps de faire le point sur les actions menées par les femmes et de réfléchir aux stratégies pour accroître leur participation. Il est également essentiel que les femmes comprennent le mandat de la MONUSCO, qui met un accent particulier sur l’intégration du genre », a-t-elle indiqué.

Elle a insisté sur l’importance d’une paix inclusive et durable qui prend en compte la parole des femmes.

« La paix ne peut se construire sans les femmes. Une paix bâtie sans leur participation n’est pas durable. J’appelle les femmes de Goma, de Bukavu, de l’Ituri et d’Uvira à se réveiller, à croire en la paix et à porter ce message auprès de leurs communautés », a martelé Nathalie Kone Traore.

Par ailleurs, le forum a également mis en lumière d’autres enjeux majeurs, notamment l’impact de la désinformation sur la cohésion sociale dans une région fragilisée par les conflits.

Un intervenant du Collectif des Associations Féminines pour le Développement (CAFED) a insisté sur les dangers de ce phénomène, en distinguant clairement désinformation, mésinformation et propagande.

« Nous sommes appelés à ne pas tomber dans la désinformation. Elle favorise la manipulation et divise les communautés. Une simple rumeur peut suffire à déclencher la violence », a-t-il averti.

Au terme des échanges, les participantes ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des discussions.

« C’est un réel plaisir pour moi. Nous avons beaucoup appris sur le rôle de la femme dans le processus de paix et sur les actions concrètes à mener dans les zones en conflit », a déclaré Zaina Chaupanga Mignonne, directrice de la Fondation Biesther.

À travers ce forum, les organisateurs espèrent renforcer l’engagement des femmes comme actrices incontournables de la paix dans l’est de la République démocratique du Congo.

 

Alain WANDIMOYI