Au lendemain de son arrivée à Goma, au Nord-Kivu, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et Chef de la MONUSCO, M. James Swan, a effectué dans la matinée du samedi 25 avril, une visite au camp de transit de Mubambiro. Ce site est situé à une vingtaine de kilomètres de Goma, à proximité de la cité de Sake.
Ce camp accueille actuellement 70 ex-combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), en attente de leur rapatriement vers le Rwanda, selon Mme Rebecca Lusolo, coordinatrice du camp et responsable au sein de la section Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDR/RR) de la MONUSCO.
La question des FDLR, une priorité pour la MONUSCO
A cette occasion, le Chef de la MONUSCO, M. James Swan a souligné que la problématique des FDLR demeure une priorité pour la MONUSCO ainsi que pour la communauté internationale. Il a encouragé les autorités congolaises à poursuivre leurs efforts en vue de trouver des solutions durables à cette question, souvent à l’origine de tensions récurrentes entre Kinshasa et Kigali.
Au cours de sa visite, M. Swan a indiqué que le camp de Mubambiro accueille non seulement d’anciens combattants, mais également leurs familles, notamment des femmes et des enfants, pris en charge dans le cadre du programme DDR/RR.
« Aujourd’hui, j’ai visité le camp de transit de Mubambiro où les anciens combattants sont accueillis et pris en charge, a la demande du gouvernement congolais et dans le cadre des efforts en cours visant à soutenir le désarmement, la démobilisation, le rapatriement, la réinstallation et la réintégration. Il s’agit non seulement des anciens combattants, mais aussi de leurs familles, notamment des femmes et des enfants », a déclaré le Chef de la MONUSCO.
Selon lui, cette visite illustre une réalité fondamentale : une paix durable dans l’Est de la RDC ne peut être obtenue uniquement par des moyens militaires. Elle nécessite également des voies crédibles permettant aux ex-combattants de déposer les armes, de retourner à la vie civile et de se réinsérer dans leurs communautés dans la dignité et la sécurité.
Des efforts soutenus malgré un contexte difficile
Conformément à son mandat, la MONUSCO continue d’appuyer les efforts de désarmement, démobilisation, rapatriement et réintégration, en étroite coordination avec les autorités congolaises et les partenaires concernés.
« Depuis janvier 2025, les opérations menées dans le Petit Nord ont permis le rapatriement de centaines d’ex-combattants et de leurs dépendants. Ces résultats ont été obtenus malgré un environnement sécuritaire et politique particulièrement volatile, ainsi que de fortes contraintes d’accès. Ces avancées témoignent de la détermination de la MONUSCO à promouvoir des mesures concrètes visant à créer des conditions favorables à une stabilité durable » fait-il savoir.
Elles reposent également sur une coordination étroite avec les partenaires congolais et d’autres acteurs, notamment en ce qui concerne les modalités opérationnelles, l’accès aux sites et à la sécurisation des déplacements des personnes désarmées.
Des témoignages poignants des bénéficiaires
Certains bénéficiaires du programme ont exprimé leur reconnaissance envers la MONUSCO, tout en partageant leurs expériences.
Un ex-combattant des FDLR, ancien premier sergent-major originaire de Katoy, a salué l’accueil et l’assistance reçus.
« Je remercie la MONUSCO pour l’accueil qui nous a été réservé dans ce camp. J’étais malade, tout comme mes enfants, mais nous avons reçu des soins médicaux et aujourd’hui, nous sommes en bonne santé. Je souhaite que nos frères qui sont encore dans la brousse puissent être informés et bénéficier du même soutien. Certains veulent venir, mais n’en ont pas les moyens. J’encourage la MONUSCO à poursuivre ses efforts pour les aider à quitter la brousse. »
Je souhaite que nos frères qui sont encore dans la brousse puissent être informés et bénéficier du même soutien. Certains veulent venir, mais n’en ont pas les moyens. J’encourage la MONUSCO à poursuivre ses efforts pour les aider à quitter la brousse.
Une femme originaire de Kamatembe a, pour sa part, évoqué les souffrances endurées.
« Je suis heureuse de savoir que nous allons bientôt rentrer au Rwanda. La vie dans la brousse a été très difficile pour nous, marquée par des violences et des souffrances. Je me réjouis à l’idée de retrouver mes parents, mes frères et sœurs, dont je suis séparée depuis longtemps. J’ai quitté mon pays étant enfant, et aujourd’hui, j’y retourne avec mes propres enfants. » témoigne-t-elle.
Un autre ex-combattant, venu de Pinga, a décrit les conditions de vie extrêmement précaires dans les groupes armés.
« Après la mort de mon père, qui était colonel, j’ai rejoint la brousse. La vie y est extrêmement difficile et marquée par de grandes souffrances. Je remercie la MONUSCO pour l’assistance reçue, notamment les vêtements et la nourriture. J’espère que cet appui se poursuivra même après notre retour au Rwanda, car nous n’avons rien. Un suivi de notre réintégration serait également important, car nous ne savons pas ce qui nous attend au Rwanda. »
Un engagement réaffirmé pour la paix et la stabilité
M. James Swan a salué les efforts des partenaires impliqués dans ce processus et les a encouragés à poursuivre leur engagement en faveur de la paix et du bien-être des ex-combattants et de leurs familles.
Il a réaffirmé la disponibilité de la MONUSCO à continuer d’appuyer ces initiatives dans le cadre de son mandat, afin d’offrir à ceux qui quittent les groupes armés une perspective plus stable et plus positive.
Après sa visite à Mubambiro, le Chef de la MONUSCO et sa délégation se sont rendus à l’hôpital level two, situé dans la base de la MONUSCO à la RVA, où ils ont poursuivi leur mission d’évaluation des dispositifs opérationnels et humanitaires de la Mission.
Aline Kataliko
















