MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Ituri : James Swan en mission à Bunia pour soutenir la riposte contre Ebola

SRSG in Bunia
“I came to Bunia today first and foremost to express my solidarity with the people of Ituri,” said the head of the MONUSCO upon his arrival in Bunia. ©MONUSCO

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) et Chef de la MONUSCO, James Swan, s’est rendu ce jeudi 4 juin 2026 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, afin de s’imprégner de l’évolution des opérations de lutte contre la maladie à virus Ebola et de réaffirmer le soutien des Nations Unies aux autorités congolaises.

« Je suis venu aujourd’hui à Bunia avant tout pour exprimer ma solidarité avec la population de l’Ituri, en particulier les communautés affectées par l’épidémie d’Ebola, et pour réaffirmer le soutien des Nations Unies aux autorités congolaises dans la réponse à cette urgence de santé publique », a déclaré James Swan à l’issue de son entretien avec le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama.

Le Chef de la MONUSCO était accompagné du commandant de la Force, le général Ulisses de Mesquita Gomes. À leur arrivée, ils ont été accueillis par le chef de bureau de la MONUSCO en Ituri, Josiah Obat, ainsi que par le général Saiful Alam Bhuiyan, commandant du Secteur Nord de la Force.

Au cours de sa visite, James Swan a été briefé sur la situation épidémiologique ainsi que sur les efforts déployés par les agences, fonds et programmes des Nations Unies, en collaboration avec leurs partenaires nationaux et internationaux, pour contenir la propagation du virus.

Lors de sa rencontre avec le gouverneur militaire, les discussions ont porté sur la riposte en cours, les besoins des populations affectées et les défis opérationnels, notamment en matière d’accès humanitaire et de sécurité.

« Avec le gouverneur militaire de l’Ituri, nos échanges ont porté sur la riposte en cours contre Ebola, sur les besoins des communautés affectées ainsi que sur l’importance de garantir que les personnels de santé, les acteurs humanitaires et les équipes de riposte puissent atteindre les personnes qui ont besoin d’assistance », a souligné le Représentant spécial.

Hommage aux acteurs de la riposte

James Swan a également salué les efforts déployés par les autorités congolaises et l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre Ebola, rendant un hommage appuyé au personnel en première ligne.

« Je salue les efforts des autorités provinciales, du ministère de la Santé et de tous les partenaires engagés en première ligne dans cette riposte. Je tiens à rendre hommage au personnel de santé, aux volontaires communautaires, aux partenaires humanitaires et aux autorités locales qui travaillent sans relâche pour contenir l’épidémie et protéger la population. Leur courage et leur engagement sont essentiels », a-t-il déclaré.

Il a également mis en garde contre les effets néfastes de la désinformation dans la gestion de la crise.

« Dans ce moment difficile, il est essentiel que les communautés aient accès à une information claire, vérifiée et fiable. Les rumeurs et la désinformation peuvent accroître la peur, retarder le recours aux soins et exposer davantage les communautés ainsi que les équipes de riposte. La MONUSCO, notamment à travers Radio Okapi, continuera d’appuyer les efforts d’information publique et de sensibilisation communautaire en coordination avec les autorités sanitaires compétentes », a-t-il ajouté.

Un appui logistique déterminant de la MONUSCO

Depuis le 18 mai 2026, soit deux jours après la déclaration de l’épidémie, la MONUSCO a intensifié son appui logistique à la riposte. À ce jour, plus de 110 tonnes de fournitures et d’équipements médicaux ont été acheminées vers Bunia par vols cargo en provenance de Nairobi et de Kinshasa.

La Mission a également mis à disposition des moyens de mobilité, notamment des ambulances, des véhicules utilitaires, des motos et des véhicules blindés, pour appuyer les opérations sur le terrain et faciliter le déploiement des experts et du matériel.

« La MONUSCO appuie la réponse conduite par le gouvernement dans le cadre de son mandat et de ses capacités, en étroite coordination avec l’OMS, OCHA et les autres partenaires des Nations Unies. Notre rôle est celui d’un facilitateur opérationnel, notamment en appuyant la logistique, la mobilité et l’accès des équipes de riposte, ainsi que l’acheminement des fournitures et équipements médicaux, en particulier dans les zones où l’insécurité et l’éloignement créent des défis supplémentaires », a rappelé James Swan.

Deux bureaux ont également été aménagés à Bunia pour servir d’espaces de travail sécurisés pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Par ailleurs, le gouverneur militaire de l’Ituri a salué la qualité de la collaboration avec la MONUSCO, qu’il a qualifiée d’« excellente ».

« Nous travaillons avec la MONUSCO sur plusieurs volets : logistique d’abord — la MONUSCO appuie le transport de matériel médical et de personnel vers les zones touchées, notamment Mongbwalu ; ensuite sur le plan de la communication — nous coordonnons les messages pour lutter contre la désinformation et sensibiliser les communautés ; enfin, sur le plan de la sécurisation — nous planifions ensemble les opérations pour protéger les populations, le personnel médical et les centres de traitement », a déclaré le général Johnny Luboya.

Maintien des priorités sécuritaires

Le Chef de la MONUSCO a tenu à rappeler que, malgré la mobilisation contre Ebola, la Mission poursuit pleinement ses autres priorités, notamment la protection des civils dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant.

« Je voudrais souligner que nous continuons à faire face à d’autres menaces en Ituri, y compris celles posées par les groupes armés, dont les ADF. Les déploiements et les opérations militaires se poursuivent en étroite collaboration avec les FARDC », a-t-il affirmé.

Avant de regagner Kinshasa, James Swan a visité l’hôpital de niveau II tenu par des Casques bleus marocains, et le centre de traitement et d’isolement d’Ebola installé par la MONUSCO dans sa base de Ndoromo, à la périphérie de Bunia. Ce dispositif comprend du personnel médical et des équipements spécialisés offerts par le Royaume du Maroc. Deux autres centres similaires sont en cours d’installation à Beni et à Goma, afin de renforcer davantage la capacité de réponse à l’épidémie.

 

Jean-Tobie Okala