La MONUSCO, à travers la Section Genre, a pris part à la Réunion stratégique de haut niveau du Comité consultatif pour les Femmes, la Paix et la Sécurité (FPS) dans la région des Grands Lacs, organisée les 3 et 4 juin 2026 à Nairobi, au Kenya.
Coorganisée par le Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs, ONU Femmes, l’Union africaine, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), ACCORD et la GIZ, cette rencontre a réuni des responsables politiques, des organisations de la société civile, des réseaux de femmes et de jeunes ainsi que des partenaires internationaux engagés dans la consolidation de la paix.
L’objectif principal de cette réunion était de renforcer la participation pleine, égale et significative des femmes aux processus de paix et de sécurité dans la région des Grands Lacs, conformément à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les Femmes, la Paix et la Sécurité.
À cette occasion, Mme Nathalie Kone Traoré, spécialiste des questions de genre à la MONUSCO basée à Goma, est intervenue par visioconférence en raison des mesures préventives liées à la lutte contre la maladie à virus Ebola en RDC. Son intervention, consacrée à l’analyse des dimensions politiques, sécuritaires, humanitaires et de genre du conflit dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs, a mis en lumière l’impact des conflits sur les femmes et les communautés affectées, ainsi que la nécessité d’intégrer davantage leurs perspectives dans les initiatives de paix en cours.
« Cette rencontre nous a permis de porter la voix des femmes directement auprès des acteurs engagés dans les efforts de paix régionaux. Le rôle de la Section Genre de la MONUSCO était de faire entendre la voix des femmes, de témoigner de ce qu’elles vivent à l’Est de la RDC et de présenter, en tant que Mission, les actions que nous menons pour faire avancer l’agenda Femmes, Paix et Sécurité. Deuxièmement, dans les provinces de l’Est notamment en Ituri et au Nord-Kivu où nous sommes présents, il y a des femmes leaders engagées et partenaires de la section genre qui mènent quotidiennement des activités de médiation. Pour nous, ces initiatives ont un impact sur la paix et la sécurité, mais elles permettent également de faire entendre le cri d’alarme de ces femmes qui sont des actrices influentes de paix. Il est essentiel qu’elles disposent des ressources nécessaires pour poursuivre leur travail », confie Mme Nathalie Kone Traoré
Elle a également souligné l’importance de renforcer les passerelles entre les initiatives de paix menées par les femmes au niveau communautaire et les processus politiques de haut niveau afin de garantir une approche plus inclusive et durable de la consolidation de la paix.
Un espace pour favoriser la prise en compte des idées et des préoccupations des femmes
La Présidente de la Concertation des Collectifs des Associations Féminines de la Région des Grands Lacs (COCAFEM/GL), Mme Joséphine Malimukono, a également pris part aux travaux par visioconférence aux côtés de quatre autres membres de l’organisation, en raison des mesures préventives liées à la lutte contre Ebola. Elle a insisté sur la nécessité de créer davantage d’espaces permettant aux femmes de contribuer efficacement aux efforts de paix.
« Cette réunion de haut niveau a constitué une opportunité importante pour mettre en lumière le travail accompli par les femmes de la société civile à l’échelle régionale, mais aussi pour partager leurs perspectives dans le contexte actuel de l’est de la RDC. De tels espaces favorisent la prise en compte des idées et des préoccupations des femmes dans les processus de négociation et de prise de décision. Les réalités vécues par les communautés affectées par les conflits doivent être intégrées dans les décisions qui façonnent l’avenir de notre région. Les femmes ne sont pas seulement des victimes des conflits ; elles sont également des actrices essentielles de la paix », a-t-elle déclaré.
Joséphine Malimukono a également salué l’appui logistique de la MONUSCO, qui a facilité la participation depuis Goma, de la COCAFEM/GL à cette rencontre ainsi que sa préparation. Selon elle, cette réunion a offert une occasion unique de partager les expériences, les préoccupations et les recommandations des femmes de la région afin que les processus de paix reflètent davantage les besoins des communautés à la base.
Elle a par ailleurs appelé les acteurs régionaux et internationaux à poursuivre leurs efforts en matière de renforcement des capacités des femmes afin de leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans les processus de paix. Elle a également plaidé pour la création d’un centre régional des femmes qui servirait d’espace de formation, de recherche, de documentation et de plaidoyer, en vue de renforcer la coordination des initiatives féminines et de porter leurs recommandations auprès des décideurs de la région.
Au terme des travaux, les participants ont réaffirmé leur engagement à promouvoir une participation pleine, égale et significative des femmes aux efforts de prévention des conflits, de médiation et de consolidation de la paix. Ils ont également appelé à un renforcement du soutien aux initiatives locales et transfrontalières portées par les femmes et les jeunes afin de favoriser la cohésion sociale et une stabilité durable dans la région des Grands Lacs.
À travers son mandat de protection des civils et d’appui à la paix, la MONUSCO continue de soutenir les initiatives visant à renforcer le leadership des femmes dans les processus de paix et à promouvoir une approche inclusive de la résolution des conflits en République démocratique du Congo et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Aline Kataliko














