MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Ituri : des « Cafés juridiques et numériques » pour renforcer la justice militaire, avec l’appui de la MONUSCO

MONUSCO supports “Legal and Digital Cafés” to strengthen military justice
En contribuant à une meilleure gestion de la preuve numérique, le « Café juridique et numérique » renforce l’efficacité de la chaîne pénale militaire en Ituri. ©MONUSCO

À Bunia, le numérique est au service du renforcement de la justice militaire.Depuis mai 2026, la Section d’Appui à la Justice de la MONUSCO, à travers sa Cellule d’Appui aux Poursuites, soutient l’organisation hebdomadaire d’un « Café juridique et numérique » au sein de l’Auditorat militaire supérieur de l’Ituri, à Bunia. Cette initiative se tient dans une salle technique et de formation, un don de la MONUSCO, à travers le financement de projets à impact rapide (QIP).

Ce cadre réunit chaque semaine une quinzaine d’acteurs clés de la chaîne pénale militaire, notamment des magistrats, enquêteurs et officiers de police judiciaire pour renforcer leurs capacités. Il vise à améliorer leurs compétences techniques en matière de gestion des preuves numériques, à renforcer la qualité des enquêtes et à optimiser le fonctionnement global de la justice militaire.

 

MONUSCO supports “Legal and Digital Cafés” to strengthen military justice
En contribuant à une meilleure gestion de la preuve numérique, le « Café juridique et numérique » renforce l’efficacité de la chaîne pénale militaire en Ituri. ©MONUSCO

Une réponse aux défis de la preuve numérique

L’initiative est née d’un constat central : la justice contemporaine dépend de plus en plus de la capacité des acteurs judiciaires à collecter, analyser et sécuriser des preuves numériques fiables. Une meilleure maîtrise de ces éléments contribue directement à la qualité des investigations et au renforcement de la lutte contre l’impunité.

Animées par un expert de la MONUSCO, les sessions abordent des thèmes pratiques et immédiatement applicables. Le 5 mai 2026, les participants ont étudié les métadonnées des fichiers (EXIF), permettant de dater, localiser et authentifier des images, tout en distinguant l’analyse technique des règles juridiques encadrant l’admissibilité des preuves.

Le 21 mai, les échanges ont porté sur la vérification des images à l’ère de l’intelligence artificielle, à travers une méthode structurée en quatre étapes — source, authenticité, date et localisation — ainsi que l’identification des signes de manipulation numérique afin de limiter la désinformation.

Le 3 juin, les discussions ont été consacrées à la cybersécurité dans le travail judiciaire, mettant en avant des mesures essentielles telles que l’utilisation de mots de passe robustes, l’authentification à double facteur, les mises à jour régulières et la sécurisation des supports sensibles.

« Chaque semaine, lors du Café juridique numérique, nous relevons des défis techniques concrets, consolidant l’apport des outils numériques pour renforcer la rigueur des enquêtes que je dirige », déclare le colonel Joseph Makelele, Auditeur militaire supérieur près la Cour militaire de l’Ituri.

Une approche inclusive et structurante

Au-delà de son contenu technique, l’initiative se distingue par son accessibilité et son approche inclusive. Les outils et supports sont disponibles en français, anglais, swahili et lingala, facilitant leur appropriation par l’ensemble des acteurs concernés.

En contribuant à une meilleure gestion de la preuve numérique, le « Café juridique et numérique » renforce l’efficacité de la chaîne pénale militaire en Ituri. Il facilite l’instruction des dossiers, améliore le fonctionnement de la justice militaire et soutient la lutte contre l’impunité, en cohérence avec le mandat de la MONUSCO.

Un appui structuré à l’État de droit

Conformément à son mandat, la MONUSCO accompagne les institutions judiciaires en Ituri à travers un appui technique, logistique et opérationnel. Cet accompagnement comprend le renforcement des capacités, la fourniture d’équipements et d’infrastructures, ainsi que le soutien à l’organisation d’enquêtes et d’audiences, notamment dans les affaires de crimes graves, y compris les crimes internationaux et les violences sexuelles.

Ces efforts contribuent également à améliorer le fonctionnement de la chaîne pénale, notamment en réduisant les détentions préventives prolongées et la surpopulation carcérale grâce à une accélération du traitement des dossiers et à un meilleur accès à la justice, y compris dans les zones éloignées.

Le prochain « Café juridique et numérique » est prévu ce 10 juin 2026 à Bunia.

 

Jean-Tobie OKALA