La MONUSCO, à travers UNPOL, a lancé ce lundi 8 juin un projet ambitieux de renforcement du maillage territorial sécuritaire dans la ville de Beni, chef-lieu provincial provisoire du Nord-Kivu. Objectif : rapprocher la Police nationale congolaise (PNC) des populations dans les zones les plus exposées à l’insécurité.
D’un coût d’environ 70 000 dollars américains et prévu sur deux mois, le projet prévoit l’installation de containers aménagés, équipés de mobilier, de matériel informatique et de kits solaires, qui serviront de postes de police dans des quartiers fortement touchés par la criminalité, notamment Mambango, Benegule, Bundji et Sayo.
Trois de ces structures seront spécifiquement dédiées à la protection des femmes et des enfants, ainsi qu’à la prévention des violences sexuelles.
Pour Nasson Murara, chargé de communication de la PNC à Beni, ce projet répond à un besoin urgent de proximité :
« La police doit être proche de sa population […] cela va aider à juguler la situation sécuritaire. Lorsque la police est permanente sur le lieu, la réponse aux alertes devient plus rapide et plus efficace. »
Il souligne que ces infrastructures permettront de combler les lacunes opérationnelles dans des zones jusqu’ici difficilement couvertes : « Ce sont les zones les plus criminogènes de la ville de Beni qui ont été ciblées […] souvent la police rencontre des difficultés à intervenir rapidement faute de présence sur le terrain. »
Au-delà des infrastructures, la MONUSCO renforce déjà les capacités de la PNC à travers des formations spécialisées, notamment à la lutte contre les violences sexuelles et basées sur la Genre, la Police scientifique, la Police de proximité, la gestion du trafic routier, l’informatique de base, la gestion d’une scène de crimes, la gestion de base des données criminelles, etc.
Il y a aussi la fourniture d’équipements, ainsi que la réhabilitation et la dotation logistique (véhicules et motos) des unités de Police. Un appui que les autorités policières jugent crucial : « Tous ces appuis renforcent les capacités opérationnelles de la police sur le terrain », reconnait Nasson Murara.
Enfin, pour garantir le succès du projet, la PNC appelle à l’implication des habitants : « La population doit accompagner ce projet […] et collaborer étroitement avec la police pour renforcer la sécurité dans leurs quartiers », insiste Nasson Murara.
Jean-Tobie OKALA












