MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Ituri : à Irumu, des projets de réinsertion ouvrent de nouvelles perspectives aux ex-combattants et aux communautés

Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés.Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés.
Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés. ©MONUSCO / Didier Vignon Dossou-Gbakon

La MONUSCO, à travers sa Section Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Stabilisation (DDRS), en appui au Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (PDDRCS), a procédé vendredi 12 juin 2026 à la remise et au lancement de plusieurs projets de réinsertion socio-économique dans les localités de Balingina, Sota et Tsere, dans le territoire d’Irumu.

Financés à hauteur de 447.000,00 USD et mis en œuvre par les ONG Association des Ituriens pour le Développement et la Promotion de l’Ituri (ASSOCITURI), Femmes engagées pour la Paix en Afrique (FEPA) et Peace of Mind Initiative (PMI), ces initiatives visent à renforcer la cohésion sociale, améliorer les conditions de vie des populations et offrir des alternatives durables aux ex-combattants ayant choisi de déposer les armes. Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés. Situé au sud de la province de l’Ituri, Irumu est une zone à fort potentiel agricole et commercial, traversée par des axes stratégiques reliant Bunia à Komanda et à la Route nationale 4. Pour de nombreux habitants, ces projets représentent bien plus que des infrastructures ou des activités génératrices de revenus : ils incarnent l’espoir d’un retour durable à la stabilité.


Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés.
Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés. ©MONUSCO / Didier Vignon Dossou-Gbakon

Balingina : reconstruire ensemble après les violences

À Balingina, dans la chefferie des Walese Vonkutu, la MONUSCO et ses partenaires ASSOCITURI et PMI ont lancé un projet de réinsertion socio-économique au profit de 180 bénéficiaires, dont 60 ex-combattants démobilisés.

Pendant les prochains mois, les bénéficiaires participeront à la réhabilitation de six kilomètres de route entre Mangiva et Balingina, à la création d'une coopérative agricole dotée de 2 bureaux et une salle de réunion, à l'identification et à l'exploitation de champs individuels et communautaires, ainsi qu'à des formations techniques et à un accompagnement psychosocial. Des outils aratoires leur seront également distribués afin de renforcer leur autonomie économique. « Ces projets reflètent notre volonté commune de reconstruire la confiance et la cohésion sociale, tout en ouvrant des perspectives concrètes d’avenir au profit des ex-combattants démobilisés, des jeunes, des femmes vulnérables et de l’ensemble des communautés. Notre vision est claire : faire de la réinsertion un véritable levier de stabilisation communautaire et de développement local. », a déclaré Josiah Obat, Chef du Bureau de la MONUSCO, à Bunia, ces initiatives traduisent une vision claire de la stabilisation, lors de la pose de la première pierre du futur bureau de la coopérative agricole. Au-delà des 180 bénéficiaires directs, plusieurs milliers d’habitants profiteront des retombées économiques générées par l'amélioration de l'accès routier et le développement des activités agricoles.

Pour de nombreuses familles, cette initiative représente avant tout l'espoir de ne plus revivre les épisodes de violence qui les ont contraintes à fuir dans la brousse.

« Lorsqu’il y avait des attaques, nous étions obligés de passer la nuit dans la forêt avec nos enfants. Aujourd’hui, nous espérons que ces jeunes qui ont déposé les armes pourront construire leur avenir grâce à ce projet et travailler avec nous pour développer notre communauté », témoigne une bénéficiaire.



Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés.Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés.
Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés. ©MONUSCO / Didier Vignon Dossou-Gbakon

Sota : des infrastructures pour améliorer le quotidien de plus de 20 000 personnes

Dans la localité de Sota, en chefferie des Bahema d'Irumu, la MONUSCO a remis quatre infrastructures communautaires majeures : un marché moderne, une laiterie, un forage d'eau potable et un système d'éclairage public par des lampadaires solaires.

Ces réalisations bénéficieront à plus de 20 000 habitants et contribuent également aux efforts de prévention sanitaire dans un contexte marqué par la vigilance autour de l'épidémie d'Ebola.

Pour les habitants, ces infrastructures répondent à des besoins exprimés depuis de nombreuses années. « Avant, nous vendions nos produits à même le sol, exposées au soleil et à la pluie. Aujourd'hui, ce marché va nous permettre de travailler dans de meilleures conditions et d'améliorer les revenus de nos familles », explique Charlotte Ganiseka, présidente des associations féminines de Sota et membre des structures locales de paix.

Le forage d'eau réduit considérablement les distances parcourues quotidiennement par les femmes et les enfants pour s'approvisionner en eau, tandis que l'éclairage public contribue à renforcer le sentiment de sécurité dans la localité.

« C'est un véritable soulagement pour la population. L'éclairage réduit les risques d'insécurité pendant la nuit. Les femmes ont désormais accès à l'eau à proximité de leurs habitations et le nouveau marché favorisera les activités économiques locales », souligne le président du Conseil territorial de la jeunesse d'Irumu.

L'Administrateur du territoire d'Irumu, le Colonel N'siro Simba a salué ces investissements qui, selon lui, démontrent aux jeunes que la paix produit des résultats tangibles : « Pour chaque arme abandonnée, nous voulons voir naître des projets concrets pour nos jeunes. Ces infrastructures renforcent la cohésion entre les communautés et contribuent au développement de notre territoire. »

 

Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés.
Ces projets interviennent dans un territoire qui demeure marqué par des défis sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés. ©MONUSCO / Didier Vignon Dossou-Gbakon

Tsere : consolider les acquis de la réinsertion

La dernière étape de la mission s'est déroulée à Tsere, également située dans la chefferie des Bahema d'Irumu. La MONUSCO y a remis un bureau de coopérative agropastorale avec dotation de 25 vaches et un forage d’eau. Dans le cadre de ce même projet, une route secondaire de 5.5km avait été réhabilitée avec l’approche Très Haute Intensité de Main d’œuvre (THIMO), assurant ainsi un emploi et un revenu temporaires aux 48 Bénéficiaires d’alors dont 16 ex-combattants. Au cours de la même cérémonie, le nouveau projet Tsere 2 de réinsertion au profit de 63 bénéficiaires, dont 21 ex-combattants a été lancé. Ce nouveau programme, mis en œuvre par les ONG FEPA et PMI, prévoit la construction d'une étable, la dotation d’une trentaine de vaches additionnelles, la réhabilitation THIMO de cinq kilomètres de route, la construction d'une clôture autour de la coopérative agropastorale et l’appui psychosocial.

S'inscrivant dans la continuité des acquis de la première phase, ce projet vise à renforcer l'autonomie économique des bénéficiaires, soutenir le développement local et encourager davantage d'ex-combattants à emprunter la voie de la démobilisation et de la réinsertion. Ancien combattant aujourd'hui membre de la coopérative, l’un des démobilisés témoigne de l’impact des projets de réinsertion sur son parcours et sa réintégration au sein de la communauté.

« Lorsque j'ai quitté le groupe armé, j'ai été orienté vers le PDDRCS, puis vers la MONUSCO qui nous a accompagnés dans notre réinsertion. Nous avons participé à la réhabilitation de routes, à la construction du bureau de la coopérative et à d'autres travaux communautaires. Les revenus que nous avons perçus nous ont permis de subvenir aux besoins de nos familles. Grâce à ce projet, nous retrouvons notre place dans la communauté et laissons la guerre derrière nous. »



Le PDDRCS a également salué le partenariat avec la MONUSCO qui permet aux ex-combattants et aux membres des communautés d'évoluer ensemble dans un même projet économique.

« Lorsqu'ils quittent les groupes armés, les démobilisés ont souvent tout perdu. En les associant aux communautés dans des projets communs, nous favorisons leur réintégration et renforçons la cohésion sociale », a souligné Claude Kasuna, chef d’antenne du PDDRCS à Irumu. À travers ces différentes initiatives, la MONUSCO et ses partenaires démontrent qu’au-delà du désarmement et de la démobilisation, la consolidation de la paix passe également par la création d’opportunités économiques, le développement d’infrastructures utiles et le renforcement de la cohésion sociale au sein des communautés.


Didier Vignon Dossou-Gbakon