En République démocratique du Congo (RDC), l’avenir de la paix s’écrit désormais avec une sensibilité et une force résolument féminines. C’est le message fort qui a ouvert, le 17 juin dernier, la retraite stratégique du Groupe consultatif des femmes pour la réforme du secteur de la sécurité (RSS). Réunies autour du thème évocateur « De la participation à l’influence », avec le soutien de la MONUSCO à travers la section de la Réforme du secteur de la sécurité (RSS), les participantes ont réaffirmé un principe fondamental : les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires des politiques de sécurité, mais un levier indispensable pour construire une paix durable et inclusive.
Pour Ely Dieng, Coordonnateur de la division d’État de droit et institutions de sécurité et Représentant spécial adjoint par intérim à la MONUSCO, le calcul est avant tout une question d'efficacité institutionnelle : « Intégrer les femmes dans la réforme du secteur de la sécurité, c’est non seulement promouvoir l’égalité, mais aussi bâtir des institutions plus légitimes, plus responsables et plus proches des citoyens. »
Des compétences affûtées pour impacter les décisions
Loin d'être une simple succession de discours, cette retraite s'est voulue éminemment pratique. La deuxième journée, le 18 juin, a été entièrement consacrée au renforcement des capacités techniques des participantes. Au programme : techniques avancées de médiation, dialogue multi-acteurs et analyse stratégique.

L'objectif de cette immersion est clair : donner aux femmes du Groupe consultatif les outils nécessaires pour transformer les dures réalités et alertes du terrain en recommandations politiques concrètes, pointues et audibles par les décideurs de haut niveau.
Déborah Nyamugabo, membre de la Synergie pour la paix, résume parfaitement cette ambition : « Là où la femme est, l’humanisme prend place. Le groupe consultatif consiste à voir de loin ce qui marche, ce qui ne marche pas ou ce qu’il faut améliorer, d’où l’importance de parler de renforcement des réformes et des mécanismes institutionnels existants, mais aussi du renforcement des femmes qui se retrouvent elles-mêmes dans ce secteur de la sécurité. »
Une feuille de route pour l'avenir du pays
La sécurité, un domaine trop longtemps perçu comme l'apanage exclusif des hommes en uniforme ? Un stéréotype balayé d'un revers de main par la Colonelle Nénette Mukembe, ancienne commandante de bataillon au sein des Forces Terrestres des FARDC : « La sécurité n’est pas seulement une affaire de militaires ou de policiers, mais une question qui concerne tout le monde. »
Face aux défis humanitaires et sécuritaires qui secouent le pays, l'urgence d'agir se fait pressante. Madame Faida Mwangilwa, Coordonnatrice du Groupe consultatif des femmes pour la RSS, a sonné la mobilisation : « Ces dernières années, nous savons que les femmes ont connu beaucoup de problèmes. Mais c’est le moment de résoudre et de voir comment nous pouvons trouver des solutions appropriées pour notre propre sécurité, la sécurité de nos enfants et l’avenir de notre pays. »
Le 19 juin, au terme de la troisième et dernière journée de réflexion, le pas décisif vers l'impact a été franchi. Les participantes ont formellement défini leurs priorités d’engagement et adopté une feuille de route stratégique. Ce document cadre servira désormais de boussole pour guider leurs actions futures et garantir que la voix des femmes congolaises pèse de manière irréversible sur les grandes orientations sécuritaires de la RDC.
Grâce à cette retraite de Kinshasa, le Groupe consultatif des femmes pour la RSS ne se contente plus de participer ; il s'impose désormais comme un acteur d'influence incontournable pour la stabilité de la RDC.
Jean-Claude WENGA














