MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Ituri : des jeunes de Mambasa proposent la création d’une « brigade pour lutter contre la désinformation ».

Grâce à des efforts conjoints de sensibilisation, une évolution progressive des perceptions est observée. Les communautés commencent à mieux comprendre les dangers liés à la désinformation.
Grâce à des efforts conjoints de sensibilisation, une évolution progressive des perceptions est observée. Les communautés commencent à mieux comprendre les dangers liés à la désinformation. ©MONUSCO

À Mambasa, dans la province de l’Ituri, des jeunes leaders communautaires appellent à la création d’une « brigade pour lutter contre la désinformation », afin de contrer la propagation des rumeurs et contribuer au rétablissement de la paix.

« C’est très important de lutter contre la désinformation, parce qu’elle fait mal et peut faire échouer n’importe quelle mission », affirme Hemedi Omba, président du Conseil territorial de la jeunesse de Mambasa.

Situé à plus de 174 km à l’ouest de Bunia, le territoire de Mambasa est confronté depuis plusieurs années à une insécurité persistante. Selon Hemedi Omba, la propagation de rumeurs infondées et de messages de haine par certains membres de la communauté contribue à aggraver les tensions sociales, sécuritaires et économiques. Les jeunes leaders locaux reconnaissent également l’impact de la désinformation dans les tensions passées avec la MONUSCO. « On a prétendu que la MONUSCO livrait des machettes aux ADF ou alimentait l’insécurité. Ces fausses informations ont conduit certains jeunes à bloquer ses déplacements », explique-t-il. Grâce à des efforts conjoints de sensibilisation, une évolution progressive des perceptions est observée. Les communautés commencent à mieux comprendre les dangers liés à la désinformation.


La désinformation, un obstacle majeur à la paix

Le 26 juin 2026, une séance de sensibilisation a été organisée à Mambasa-centre par la Section de l’Information publique de la Communication stratégique de la MONUSCO à Bunia, en collaboration avec le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) et la Section de Protection de l’Enfant.

Une cinquantaine de participants, dont des leaders communautaires, des chefs coutumiers, des représentants de la société civile, des jeunes ainsi que des agents de l’État, ont pris part à cette activité, parmi lesquels une dizaine de femmes et de filles. L’objectif était d’examiner les causes de la désinformation, ses acteurs, ses manifestations et ses conséquences, tout en explorant des stratégies pour la prévenir et la combattre, notamment dans le contexte de l’essor des réseaux sociaux. Les participants ont unanimement souligné que la désinformation exacerbe l’insécurité dans une région déjà affectée par les attaques répétées des ADF et constitue un obstacle majeur à la paix. Elle a, selon eux, contribué à des pertes en vies humaines, à des déplacements de populations et à la destruction des biens. « Quand il y a désinformation, il y a risque de morts, ça augmente d’ailleurs l’insécurité. Cette formation va nous aider à chaque fois à vérifier l’information qu’on reçoit », témoigne Jeanne Harija, leader communautaire.


Une initiative locale pour contrer les rumeurs

Les participants ont également mis en évidence l’impact de la désinformation sur la riposte à l’épidémie d’Ebola, en alimentant la méfiance à l’égard des équipes de santé. Ils se sont engagés à renforcer la sensibilisation des communautés afin de soutenir les efforts du Gouvernement et de ses partenaires, tant dans la lutte contre Ebola que dans la promotion d’une information fiable. Ainsi, une proposition forte s’est dégagée : la mise en place d’une brigade communautaire dédiée à la vérification et à la diffusion d’informations fiables. « Chaque message vérifié peut renforcer la paix. Nous devons toujours vérifier le message, sa provenance, son auteur, son objectif ou intention », rappelle d’abord Hemedi Omba, avant d’insister sur la nécessité d’une sensibilisation continue, y compris dans les zones rurales les plus isolées : « Il faut aller dans le fin fond des villages […] Je pense qu'il faut une brigade pour effectuer ce travail. » Précisant son initiative, il ajoute : « Cette brigade est vraiment nécessaire. […] On peut doter les jeunes de villages de radios Motorola. Comme ça, s'il y a quelque chose dans tel village, on nous alerte […] et nous donnons la bonne information. »


Un contexte sécuritaire fragile

Depuis le début de l’année, les rebelles des ADF ont mené plusieurs attaques meurtrières dans des localités telles que Muchacha, Babesoa, Bafwakoa et Mambasa-centre, causant la mort de plus de 150 civils. C’est dans ce contexte, qu’un détachement de la Brigade d’intervention de la MONUSCO a récemment établi une base à Bavalakaniki dans le cadre de la protection des civils. Pour Mungeni Yuma, coordonnateur de la société civile des Forces vives de Mambasa, la présence de la MONUSCO demeure essentielle pour appuyer les forces congolaises et restaurer la stabilité : « Ensemble, nous allons accompagner ce partenaire du Gouvernement », conclut cet acteur cet acteur clé de la société civile de Mambasa.

 


Jean-Tobie Okala