MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

À l’Université de Kinshasa, la MONUSCO encourage les étudiants à s’intéresser à la Réforme du secteur de la sécurité

Security sector reform
This initiative aims to strengthen young people's understanding of the issues surrounding Security sector reform. MONUSCO ©Stéphane Kabanga

L'Action communautaire pour le développement Intégral d'un Congo Nouveau (ACDI/N), partenaire du Conseil National de la Jeunesse de la République démocratique du Congo (CNJ-RDC), organise, avec l'appui technique de la Section Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) de la Division de l’État de droit et des institutions de sécurité (ROLSID) de la MONUSCO, une série de sessions d'information et de sensibilisation sur la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) destinées aux étudiants. Le 29 juin, ce sont les étudiants de l’Université de Kinshasa qui ont été sensibilisés.

Placée sous le thème « Comprendre, s'approprier et promouvoir les réformes du secteur de la sécurité pour une gouvernance sécuritaire participative », cette initiative vise à renforcer la compréhension des jeunes sur les enjeux de la RSS et à encourager leur participation active à la consolidation de la paix, au renforcement de l'État de droit et à la gouvernance démocratique en République démocratique du Congo.

Pour Claude Mbuyi, président du CNJ-RDC, organiser des séances d’information sur cette thématique dans le milieu universitaire est d’une grande importance.

« Les impressions sont très positives. Je suis pleinement satisfait de voir cette activité organisée dans un milieu universitaire, qui constitue un véritable cadre de formation et de préparation des élites de demain. Ce sont ces jeunes qui contribueront à la stabilité de nos quartiers, de nos communautés et, plus largement, de notre pays », explique-t-il.

M. Mbuyi estime que ce type d’initiatives devrait être multiplié pour permettre aux étudiants de mieux comprendre les enjeux liés à la réforme du secteur de la sécurité.

« Il est donc essentiel de pérenniser ce type d'initiative, car elle permet de transmettre aux étudiants des informations importantes sur les enjeux de la Réforme du Secteur de la Sécurité et de renforcer leur engagement citoyen », affirme-t-il.

Mieux faire comprendre la réforme

La Réforme du secteur de la sécurité constitue un levier essentiel pour la consolidation de la paix, le renforcement de l’État de droit et l’amélioration de la gouvernance démocratique. Au-delà de la réforme des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de la Police nationale congolaise (PNC) ou encore de la justice, elle vise à promouvoir une gouvernance sécuritaire fondée sur la transparence, la redevabilité, le contrôle démocratique, le respect des droits humains et l’appropriation nationale des réformes.

Pour Manya Moupondo, point focal Jeunesse, Paix et Sécurité (YPS) de la MONUSCO, ces sessions de sensibilisation ont permis aux étudiants de découvrir une approche plus globale de la sécurité.

« À travers ces sessions, les étudiants sont invités à dépasser une vision restrictive de la sécurité afin de mieux comprendre le rôle que peuvent jouer les citoyens, la société civile et les jeunes dans l'amélioration de la gouvernance sécuritaire et la prévention des conflits. Il est important de vraiment sensibiliser les jeunes sur cette réforme prise dans le sens large, holistique, parce qu'aujourd'hui, la réforme du secteur de la sécurité a une compréhension des choses assez réductionniste. Pendant l'atelier, les intervenants ont bien fait comprendre à la jeunesse qu'il y a une vision large de ce qu'on entend par sécurité et que la population était impliquée », explique-t-elle.

Rapprocher les jeunes et les acteurs du secteur de la sécurité

Les différentes sessions ont réuni des experts de la MONUSCO, des représentants des institutions nationales, des universitaires ainsi que des spécialistes des questions de gouvernance sécuritaire. La participation du Professeur Richard Lokunda, expert au Conseil National de Sécurité (CNS), a renforcé la portée stratégique de cette session.

En présentant le processus d’élaboration de la future Politique nationale de sécurité, conduit selon une approche participative, les intervenants ont souligné que la jeunesse ne doit plus être considérée uniquement comme bénéficiaire des politiques publiques, mais comme un acteur à part entière de leur conception, de leur mise en œuvre et de leur suivi.

Les échanges ont porté sur les fondements de la Réforme du secteur de la sécurité (RSS), les réformes en cours en République démocratique du Congo, la participation citoyenne ainsi que l’implication des jeunes dans les dynamiques de consolidation de la paix.

À travers des présentations thématiques, des panels d’experts, des analyses de cas pratiques et des discussions ouvertes, les participants ont pu approfondir leurs connaissances tout en dialoguant directement avec les acteurs engagés dans la mise en œuvre de la réforme.

Le commissaire supérieur de la police, Maghene Marthins, salue aussi la portée de cette initiative, estimant qu’elle contribue à rapprocher les jeunes des forces de sécurité. Ce qui doit améliorer la gouvernance sécuritaire.

« Les impressions sont positives en ce qui concerne les interactions avec les étudiants. Au départ, ceux-ci avaient une autre perception de la sécurité dans son sens global. Mais, à l'issue de cette session de sensibilisation, ils ont compris que nous devons travailler ensemble et que la police est au service de toute la population, dont les jeunes en général et les étudiants en particulier font partie », indiqué-t-il.

Au-delà du renforcement des capacités, cette initiative ambitionne de faire émerger une nouvelle génération de jeunes engagés en faveur d'une gouvernance sécuritaire participative.

Elle prévoit notamment la création de « Clubs RSS » dans les universités, la mise en place d'un réseau de jeunes ambassadeurs de la Réforme du Secteur de la Sécurité ainsi que la production de contenus de sensibilisation destinés aux communautés universitaires.

« Nous avons été agréablement surpris de voir cette initiative organisée au sein de l'Université de Kinshasa. Certes, l'université accueille régulièrement des matinées scientifiques, mais les questions liées à la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) y ont jusqu'à présent été très peu débattues. Nous nous réjouissons de constater que les étudiants s'intéressent à cette thématique et souhaitent s'y engager. D'ailleurs, une première initiative de création d'un Club Réforme du Secteur de la Sécurité est en train de voir le jour au sein de l'Université de Kinshasa », explique Me Emmanuel Kabengele, coordonnateur national du réseau de la Réforme du Secteur de la Sécurité-Justice.

Parmi les participants, César Mpwebe, étudiant en médecine à l’Université de Kinshasa, s’est réjoui de la tenue de cette activité, qu’il juge utile pour un public plus large :

« En tant qu'étudiant, mais avant tout en tant que citoyen congolais, je pense que ce genre de conférences serait bénéfique à l'ensemble de la population congolaise, pas seulement aux jeunes, mais aussi aux aînés. Personnellement, j'en ressors avec de nombreuses connaissances nouvelles, notamment sur le rôle de la police et sur une compréhension plus large de la sécurité. »

Il estime, par ailleurs, que la multiplication de ce genre d’initiatives sur l’ensemble du territoire, en particulier à Kinshasa, permettrait de renforcer la compréhension mutuelle entre la Police et la population.

Stéphane Kabanga