La section Genre de la MONUSCO et ONU Femmes ont organisé, le jeudi 10 septembre à Kinshasa, une journée de consultations des organisations de femmes et de jeunes sur la gouvernance des ressources naturelles et l’intégration économique régionale inclusive.
L’objectif de cette initiative, à laquelle ont pris part les actrices et acteurs impliqués dans les processus de paix en RDC, était de contribuer au renforcement d'une gouvernance inclusive et sensible au genre des ressources naturelles et à favoriser la pleine participation des femmes et des jeunes.
Des ressources, sources de conflits
Cette consultation s’inscrit dans le prolongement de la réunion selon la formule Arria du 13 juillet 2026 et du débat public de haut niveau organisé le 22 juillet 2026 au Conseil de sécurité des Nations Unies, sous la présidence de la République démocratique du Congo (RDC), sur la « gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».
A cette occasion, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait regretté que les ressources naturelles du Congo se soient transformées « en vulnérabilité, alimentant prédation, violence et instabilité ».
Ce jeudi à Kinshasa, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la MONUSCO, présent lors de la journée cérémonie d’ouverture de la consultation, a fait savoir que les ressources naturelles de la République démocratique du Congo doivent être un moteur de paix et de prospérité pour sa population et non un facteur de conflit.
« Dans plusieurs provinces de l'Est du pays, a déclaré James Swan, l'exploitation illicite des ressources naturelles continue d'être étroitement liée aux économies de guerre, à l'insécurité, aux déplacements forcés et aux violences contre les populations aussi ».
Aimée Matungulu d’ONU Femmes a, pour sa part, souligné que « les bénéfices tirés de l'exploitation des ressources naturelles congolaises ne profitent pas toujours de manière équitable à l'ensemble de la population ».

James Swan a également fait remarquer que la RDC a contribué à placer la gouvernance des ressources naturelles au cœur de l'agenda international lors de sa présidence du conseil de sécurité en juillet dernier.
«Cette ambition doit maintenant se traduire dans la réalité et c'est précisément là que les femmes et les jeunes doivent avoir toute leur place et un rôle majeur à jouer», a-t-il ajouté.
« C'est précisément pour répondre à ce défi que nous sommes réunis, parce que cet atelier constitue une opportunité stratégique d'écouter les femmes et les jeunes, de mieux comprendre leurs réalités », a embrayé Aimé Matungulu.
Participer à la gouvernance des ressources naturelles
Pour elle, il est donc essentiel que les femmes et les jeunes « ne soient pas considérés uniquement comme des bénéficiaires de politiques publiques ou des programmes de développement ».
« Ils doivent être reconnus comme des acteurs à part entière des partenaires stratégiques et des forces de propositions capables de contribuer activement à la gouvernance des ressources naturelles », a-t-elle expliqué.
La ministre du Genre, Famille et Enfants, Micheline Ombae, a martelé, pour sa part, que l’implication des femmes et des jeunes est indispensable.
« Nous sommes tous conscients que la recherche des contributions des femmes et des jeunes est indispensable pour relever les défis de la paix, de la réussite économique et de la résilience dans les différentes zones de notre pays », a-t-elle souligné, ajoutant : « Rien de durable ne peut se construire sans la femme. »
Comme l’a mentionné James Swan, pour que les ressources naturelles ne soient plus un facteur de conflits, mais un moteur pour la paix et la prospérité, il faut que les femmes et les jeunes soient « au cœur des décisions et du partage des bénéfices économiques ».
Le chef de la MONUSCO a ainsi réitéré l’engagement de la Mission qui, aux côtés d'ONU femme et de l'ensemble du système des Nations unies, continuera d'accompagner les institutions congolaises et les organisations de la société civile dans cette direction.
Dans son allocution du 22 juillet, prononcée le 22 juillet, à l’occasion du débat public du Conseil de sécurité tenu sous la présidence de la RDC, le Secrétaire général de l’ONU avait déclaré que « ce sont les pays et les populations qui doivent être les premiers et les principaux bénéficiaires des ressources qui se trouvent chez eux ».
« C’est pourquoi l’ONU aide les autorités nationales à renforcer la gouvernance et les institutions, à améliorer les cadres réglementaires et à faire en sorte que les ressources minérales contribuent au développement et à la consolidation de la paix », avait-il indiqué.
- Joël BOFENGO
























