La prison centrale de Mahagi offre désormais de meilleures conditions de détention à ses pensionnaires.
La MONUSCO a financé la construction d’un dispensaire, l’aménagement d’installations sanitaires, la réhabilitation des cellules, l’éclairage du bâtiment ainsi qu’un système d’approvisionnement en eau qui a longtemps manqué dans cet établissement pénitentiaire.
Tous ces ouvrages ont été présentés mardi 30 septembre aux autorités locales de Mahagi. À la même occasion, des matelas et des couvertures ont été remis aux responsables de la prison afin d’améliorer les conditions de détention.
La prison centrale de Mahagi accueille actuellement 123 détenus, dont six femmes et sept mineurs. Pendant des années, l’établissement a été confronté à d’importantes difficultés : manque de latrines adaptées, insuffisance d’eau, toitures dégradées, absence d’un espace approprié pour les soins médicaux et manque d’éclairage.
« Quand je suis arrivé à la tête de la prison, elle était déjà dans un état de délabrement. Il y avait de nombreux problèmes, notamment au niveau des latrines, des toitures et de l’accès à l’eau. Nous avons alors fait appel à la MONUSCO pour qu’elle nous accompagne face à ces difficultés », relate Raymond Mpoko Wamina, directeur de la prison centrale de Mahagi.
Des améliorations concrètes pour les détenus
La réhabilitation partielle de l’établissement a permis l’aménagement de deux fosses septiques et de deux puits perdus, de quatorze latrines et la réhabilitation partielle de six cellules. Une infirmerie destiné aux détenus a également été construite.
Un groupe électrogène et des panneaux solaires ont été installés, ainsi que deux systèmes d’éclairage, l’un pour les cellules et l’autre pour le dispensaire. Six lits ont été fournis à l’infirmerie, tandis que 80 matelas et 80 couvertures ont été mis à la disposition de la prison.
L’accès à l’eau a également été amélioré grâce au renforcement du système de forage.
Pour le directeur de la prison, ces nouvelles installations devraient surtout avoir un impact direct sur la santé et la dignité des détenus.
« La réhabilitation des toilettes et des fosses septiques permet d’améliorer les conditions d’hygiène et de prévenir certaines maladies. L’aménagement de l’infirmerie permettra aussi une prise en charge plus rapide des malades. Ce projet nous aide à améliorer durablement les conditions de vie dans la prison », souligne Raymond Mpoko Wamina.
« Les détenus ont le droit de vivre dans des conditions décentes »
Claude Ntumba Kalala, administrateur adjoint du territoire de Mahagi, se réjouit de cet appui tout en appelant les responsables de l’établissement à préserver les ouvrages et équipements reçus.
« La MONUSCO est depuis des années un partenaire privilégié du Gouvernement congolais. Les prisonniers sont privés de leur droit de circuler, mais ils ont le droit de vivre dans des conditions décentes. Nous demandons donc aux bénéficiaires et aux responsables de la prison de prendre soin de ces ouvrages », déclare-t-il.
Avant les travaux, les conditions sanitaires de la prison étaient particulièrement préoccupantes. Le manque de latrines et de douches exposait les détenus à des risques sanitaires, tandis que l’absence d’un local médical adapté obligeait les personnes malades à rester dans les mêmes cellules que les autres détenus, y compris en cas de maladie contagieuse.
Face à cette situation, les autorités judiciaires provinciales avaient sollicité l’appui de la MONUSCO, notamment à travers le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), afin d’améliorer les conditions de détention à Mahagi.
Un appui au fonctionnement de la chaîne pénale
Au-delà de l’amélioration des conditions de vie des détenus, les autorités judiciaires de Mahagi soulignent l’importance de disposer d’un établissement pénitentiaire fonctionnel pour l’ensemble de la chaîne pénale.
Pour Alain Dianzenza, procureur du parquet près le tribunal de paix de Mahagi, la prison constitue le dernier maillon de cette chaîne.
D’où la nécessité de réduire les risques en offrant de meilleures conditions de détention.
« Au-delà de la dignité des détenus, qui doivent être placés dans des conditions conformes aux standards, l’intervention de la MONUSCO en appui à la justice permet aussi à la procédure d’aller jusqu’au bout. La MONUSCO a toujours été un partenaire direct de la justice congolaise. Il y a encore à faire, mais nous pensons qu’ensemble, nous pouvons continuer à travailler pour permettre à cette justice d’être rendue de manière efficace et équitable », fait-il savoir.
Cette réhabilitation vise ainsi à rapprocher les conditions de détention des règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, dites « Règles Nelson Mandela », notamment en matière d’hygiène, de santé et de dignité.
Elle s’inscrit également dans l’appui de la MONUSCO au renforcement des institutions de l’État et des systèmes judiciaire et pénitentiaire congolais, ainsi que dans les efforts de promotion de l’État de droit et de lutte contre l’impunité en Ituri.
-Didier Vignon Dossou-Gbakon


















