MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

En Ituri, la MONUSCO appelle les médias à faire de l’information un levier de paix

Journée de la paix Bunia
À l’initiative de la Section de l’information publique, une rencontre a réuni des journalistes de Bunia et la MONUSCO, à l’occasion de la Journée internationale de la paix. ©MONUSCO Photo Didier Vignon Dossou-Gbakon

À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée le 21 septembre, la MONUSCO a réuni à Bunia une quinzaine de journalistes pour discuter de leur contribution dans la pacification de l’Ituri, une province de l’Est du Congo, encore en proie à la violence armée qui fait de nombreuses morts.

Un message a été répété aux hommes et femmes de média : la paix est l’affaire de tous, l’information peut contribuer à la construire. Mais, une information non vérifiée peut exacerber les divisions.

Organisée par la Section de l’information publique de la MONUSCO, cette rencontre a également permis d’échanger sur les efforts de paix de la Mission en Ituri, mais aussi sur la responsabilité des professionnels des médias dans un contexte encore marqué par l’activité des groupes armés et la circulation de fausses informations.

Informer sans alimenter les divisions

S’appuyant sur le message du Secrétaire général des Nations Unies à l’occasion de cette Journée, le chef du Bureau de la MONUSCO à Bunia, Josiah Obat, a rappelé aux journalistes que la construction de la paix ne relève pas uniquement des institutions ou des acteurs de sécurité.

« La paix est quelque chose de très précieux, mais parfois les gens l’oublient jusqu’à ce que les troubles commencent », a-t-il souligné, insistant sur la responsabilité de chacun de contribuer, à son niveau, à créer les conditions favorables à la paix.

Dans une province où les tensions communautaires peuvent être amplifiées par les rumeurs, la désinformation ou la mésinformation, les journalistes ont ainsi été encouragés à redoubler de vigilance dans la collecte, la vérification et le traitement de leurs informations.

« Nous avons beaucoup de désinformation et de mésinformation, et ce sont certaines des choses qui contribuent aux violences que nous observons dans la société », a expliqué Josiah Obat.

« C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, nous appelons les journalistes à être très prudents avec les messages qu’ils diffusent et à vérifier les informations dont ils disposent. »

Des médias, acteurs de paix

Les journalistes ont une responsabilité dans la construction de la paix. Par leurs émissions de radio et de télévision ainsi que leurs articles publiés sur les plateformes numériques, ils peuvent contribuer à sensibiliser les communautés et à promouvoir le dialogue et le vivre-ensemble.

Alex Shabdina, journaliste à Peace FM, a insisté notamment sur l’influence que les médias exercent auprès de leurs publics.

« Nous devons contribuer à sensibiliser la population et à lui faire comprendre que la paix ne concerne pas seulement les autorités. La paix concerne tout le monde », a-t-il fait savoir.

Pour Amos Alima, journaliste à Radio Merveille Bunia, cette responsabilité passe notamment par la fiabilité de l’information transmise à la population.

« Nous, journalistes, avons cette capacité d’éduquer la population et de faire passer une vraie information. Un journaliste ne doit pas diffuser quelque chose sans aller à la source pour puiser l’information », a-t-il souligné.

Pour les professionnels des médias, la vérification des faits, le recours à des sources fiables et la diffusion d’informations responsables constituent ainsi des moyens concrets de contribuer, à leur niveau, aux efforts de paix dans la province.

Des efforts de paix sur plusieurs fronts

Au cours des échanges, le commandant du Secteur Nord de la Force de la MONUSCO, le Général Md. Saiful Alam Bhuiyan, a présenté les opérations conduites par les Casques bleus déployés en Ituri pour la protection des civils.

Il a évoqué, entre autres, les patrouilles menées dans les zones affectées par l’insécurité, le déploiement de bases opérationnelles mobiles dans certaines zones sensibles, la sécurisation de routes et de localités exposés aux activités des groupes armés, ainsi que les actions visant à protéger les personnes déplacées et à créer des conditions plus sûres pour les communautés.

Ces opérations sont menées en coordination avec les forces de défense et de sécurité congolaises et s’inscrivent dans une approche plus large associant les différentes composantes de la Mission.

À ces actions s’ajoutent notamment les dialogues communautaires, les activités de sensibilisation, l’appui de la Police des Nations Unies à la Police nationale congolaise ainsi que les initiatives menées avec les femmes, les jeunes, la société civile et d’autres acteurs locaux.

Si des avancées ont été enregistrées, les défis liés à l’activité des groupes armés persistent. C’est précisément pour cette raison que la construction de la paix reste un effort quotidien qui dépasse les seules interventions sécuritaires.

Pour cette Journée internationale de la paix, le message adressé aux journalistes rejoint ainsi celui destiné à l’ensemble de la population : chacun, dans son domaine et à son niveau, peut contribuer à créer une culture de paix.

Le thème retenu cette année pour célébrer la Journée internationale de la paix est : «Investir dans la paix – Pour tous, partout, chaque jour».

Dans son message, le secrétaire général des Nations unies note que « la paix ne se construit pas seulement autour des tables de négociation, mais aussi dans les salles de classe, dans les quartiers et partout où des esprits et des cœurs ouverts se rencontrent ».

 

Didier Vignon Dossou-Gbakon