Une cinquantaine de femmes vulnérables de la commune de Bulongo, située à environ 60 kilomètres de la ville de Beni, au Nord-Kivu, vont bénéficier d’un projet de réinsertion sociale destiné à favoriser leur relèvement socioéconomique après les déplacements auxquels elles ont été forcées à cause de l’insécurité dans la région.
Lancé le jeudi 24 septembre 2026, ce projet est financé par la MONUSCO à travers sa Section Genre à hauteur de 48 000 dollars américains. Il vise à renforcer l’autonomie économique de 50 femmes et jeunes filles particulièrement affectées par les conséquences de la violence armée.
Les bénéficiaires vont être formées à plusieurs métiers comme l’élevage, la pâtisserie, le petit commerce ainsi que la coupe et couture. Elles bénéficieront ensuite de matériel et outils nécessaires afin de lancer immédiatement des activités génératrices de revenus.
Pour Emery Chibi, de la Section du Genre de la MONUSCO à Beni, cette initiative s’inscrit dans les efforts de la Mission visant à promouvoir la participation des femmes au relèvement des communautés affectées par les conflits.
« Ce projet vise à mettre en œuvre des solutions en autonomisant 50 femmes et jeunes filles, afin de leur permettre de développer des activités génératrices de revenus. Il constitue la réponse de la MONUSCO, en mettant en application les dispositions de la Résolution 1325 des Nations Unies, notamment son quatrième pilier relatif au secours et au relèvement », explique-t-il.
Un espoir pour les femmes retournées
Le lancement du projet a suscité un vif enthousiasme parmi les bénéficiaires. Pour de nombreuses femmes retournées dans leurs localités d’origine après plusieurs années passées dans des zones lointaines pour fuir l’activisme des groupes armés, les défis de la réintégration demeurent nombreux.
« Ici, vous avez beaucoup de personnes vulnérables. Depuis notre retour, la vie est pénible. Nous disons merci à la MONUSCO pour ce projet que nous considérons comme salutaire et qui va nous tirer de la pauvreté », témoigne Masika Kabala.
Selon elle, l’accès aux moyens de subsistance reste l’une des préoccupations majeures des ménages retournés, dont beaucoup peinent encore à retrouver une stabilité économique.
Renforcer la résilience et la cohésion sociale
Partenaire de la MONUSCO dans la mise en œuvre du projet, l’Association des femmes pour la nutrition à assise communautaire (AFNAC) accompagnera les bénéficiaires tout au long du processus de formation et de lancement de leurs activités.
Sa coordinatrice, Benge Mukengere, estime que cette initiative contribuera non seulement à améliorer les conditions de vie des femmes concernées, mais aussi à renforcer la cohésion sociale dans une zone affectée par les déplacements de populations.
« C’est un projet qui va contribuer à relever leur niveau de vie, la résilience, mais aussi la cohésion sociale », soutient-elle.
Depuis près de six mois, la commune de Bulongo enregistre un retour progressif des populations déplacées. Malgré cette amélioration relative de la situation sécuritaire, les besoins demeurent considérables en matière de réinstallation et de relance économique.
Pour les acteurs communautaires, l’accompagnement des femmes vulnérables représente un levier essentiel pour favoriser la reconstruction du tissu social et économique des communautés affectées par le conflit.
Un appel en faveur de la paix et du soutien aux victimes
À l’occasion du lancement de ce projet, les associations féminines de Bulongo ont salué l’appui de la MONUSCO tout en appelant le Gouvernement de la République démocratique du Congo à renforcer son assistance en faveur des nombreuses femmes victimes de la guerre. Elles ont exhorté les autorités nationales à s’inspirer de cette initiative pour développer davantage de programmes de soutien économique destinés aux femmes affectées par les conflits.
Les associations féminines ont également réaffirmé leur soutien aux efforts de la MONUSCO en faveur du rétablissement de la paix dans l’est de la République démocratique du Congo.
Pour ces femmes, la consolidation de la paix demeure la condition essentielle pour garantir une réintégration durable des populations retournées et créer les conditions d’un développement socioéconomique inclusif à Bulongo et dans l’ensemble du territoire de Beni, encore confronté à la violence armée.
Jean-Tobie Okala










