Plus de trois ans après le lancement d'un projet d'éclairage public soutenu par la MONUSCO, les habitants de Mahagi continuent d'en ressentir les bénéfices. Sécurité renforcée, activités économiques prolongées dans la nuit et déplacements nocturnes facilités : dans cette commune du nord-est de l'Ituri, les lampadaires solaires ont changé le quotidien de nombreuses familles. Une initiative qui illustre également l'engagement de la Mission en faveur de la réduction de la violence communautaire et de la stabilisation.
Nous nous sommes rendus sur place.

Reportage.
Il est 19 h 30 dans la cité de Mahagi. La nuit est tombée sur le chef-lieu du territoire du meme nom, situé à environ 185 kilomètres au nord de Bunia, à proximité de la frontière avec l'Ouganda.
Alors que le soleil n’éclaire plus de ses rayons la cité depuis un bon moment, les activités commerciales et sociales ne semblent pas ralentir.
Sous la lumière des lampadaires solaires, les motocyclistes poursuivent leurs courses, les habitants circulent et les petits commerçants accueillent encore des clients. Cela n’a pas toujours été ainsi.
Autrefois, l'obscurité favorisait les actes de banditisme, exposait les habitants aux agressions et augmentait les risques d'accidents. Les femmes qui rentraient tard du marché, les petits commerçants et les jeunes figuraient parmi les personnes les plus exposées à l’insécurité.
Depuis l’installation de l'éclairage public, la cité connaît une autre ambiance.
« Avec la lumière, nous n'avons plus peur »
Pour Gisèle, habitante de Mahagi, les bénéfices sont avant tout d’ordre sécuritaire.
« La lumière ici, ça nous aide pour notre sécurité. Il y a beaucoup de mamans qui travaillent pendant la nuit au marché et rentrent tard à la maison. Avec la lumière, on se sent à l'aise. Nous n'avons pas peur », raconte-t-elle.
Des mots simples qui traduisent l'importance de cette infrastructure pour les habitants.
Pour Innocent Wabekudu, coordonnateur de la société civile Forces vives de Mahagi, l'impact est également perceptible sur le plan sécuritaire.
« Ce projet a contribué à lutter contre la criminalité nocturne et à réduire les risques d'accidents de circulation. Aujourd'hui, les routes sont éclairées, les habitants peuvent se déplacer plus facilement et les commerçants poursuivre leurs activités jusque tard dans la soirée. Avant, l'obscurité représentait un véritable problème pour la sécurité de la population. Avec ces lampadaires, nous constatons une amélioration et les gens peuvent circuler plus sereinement, presque comme en pleine journée. C'est un changement très important pour notre communauté et nous l'apprécions énormément », explique-t-il.
Pour les vendeuses de denrées alimentaires, les petits commerçants et les jeunes qui vivent d'activités informelles, disposer de quelques heures supplémentaires pour travailler peut représenter une différence importante pour leurs revenus.
Sécurité et autonomie des communautés
Le projet d'éclairage public financé à hauteur de 93 630 dollars américains, prévoyait notamment l'installation de 66 lampadaires solaires sur quelques kilomètres de voirie.
Plus largement, les initiatives d'éclairage public ont permis l'installation de 231 lampadaires dans plusieurs cités du territoire de Mahagi, notamment à Mahagi-centre, Nyoka, Amée et Ngote.
Au-delà de l'installation des lampadaires, cette initiative avait également une vocation sociale et économique. Mis en œuvre dans le cadre du programme de réduction de la violence communautaire (CVR) de la MONUSCO, le projet a permis à 100 personnes, dont 50 femmes vulnérables et 50 jeunes à risque, de participer aux travaux et de percevoir une rémunération.
Parallèlement, les bénéficiaires ont suivi une formation qualifiante en installation de systèmes électriques photovoltaïques, sanctionnée par la délivrance d'un certificat à l'issue du projet. Une manière de leur transmettre des compétences professionnelles susceptibles de favoriser leur insertion socio-économique, bien au-delà de la durée des travaux.
Le projet poursuivait ainsi un double objectif : offrir des opportunités immédiates de revenus et d'apprentissage à des personnes vulnérables, tout en dotant la communauté d'une infrastructure destinée à améliorer durablement la sécurité et les conditions de vie des habitants.
Plus de trois ans après le lancement du projet, la lumière continue d'éclairer bien au-delà des routes : elle accompagne le quotidien de toute une communauté.
Cette initiative illustre une dimension essentielle du mandat de protection des civils de la MONUSCO: au-delà de la réponse immédiate aux menaces sécuritaires, contribuer à créer un environnement où les populations peuvent vivre en sécurité, exercer leurs activités économiques et améliorer durablement leurs conditions de vie.
-Didier Vignon Dossou-Gbakon

























