Quarante-sept leaders religieux issus de différentes confessions se sont réunis du 28 au 29 avril à Goma, au Nord-Kivu afin de promouvoir un discours de paix, de rapprochement et de cohésion sociale. Organisé par Umoja in Action en partenariat avec la Section des Affaires civiles de la MONUSCO, l’atelier s’est tenu sous le thème « Pamoja kwa Umoja » (« Ensemble pour l’unité », en français). Les participants ont tous insisté sur la nécessité de l’unité pour renforcer la cohésion sociale.
Cette activité s’inscrit dans l’appui continu de la MONUSCO aux efforts de consolidation de la paix en République démocratique du Congo, et plus particulièrement au Nord-Kivu, une province marquée par des défis sécuritaires persistants qui attisent les différends entre communautés et occasionnent des déplacements de populations.
A travers cette activité, les leaders religieux ont voulu diffuser des discours constructifs, inclusifs et pacificateurs.
Au cours des deux jours de travaux, les participants ont notamment identifié des facteurs de division intra et interconfessionnels. Ils ont également analyser les mécanismes de désinformation et de propagation des rumeurs. Enfin, il a été question de la préservation de l’intégrité des messages religieux, de la co-construction d’un lexique de « discours qui rapprochent », de l’élaboration de modèles de prédication pacifiée ainsi que de la mise en place d’une cellule interreligieuse de veille et d’alerte.
Utiliser l’audience des leaders religieux
Dans le cadre des échanges tenus lors de l’atelier, le facilitateur de l’activité, Bernardin Ulimwengu, a insisté sur l’importance d’impliquer les leaders religieux dans la promotion de la cohésion sociale à Goma.
Du fait de leur audience au sein des communautés et de la relation qu’ils entretiennent avec les fidèles, leur rôle est déterminant dans la prévention des discours de division et la consolidation du vivre-ensemble au sein des communautés.
« Pour renforcer la cohésion sociale à Goma, il est nécessaire de passer par les leaders religieux, toutes tendances confondues, car ils exercent une forte influence sur un large ensemble de citoyens qui leur prêtent une oreille attentive pour la diffusion de messages pouvant contribuer à la cohésion sociale. Ils ont été ciblés parce que, dans leurs prêches et prédications quotidiennes, il arrive que leurs discours comportent parfois des tendances à la séparation, à la division ou à la discrimination religieuse, lesquelles peuvent ensuite impacter d’autres formes de discriminations liées aux identités, qu’elles soient religieuses, ethniques, régionales ou autres », a-t-il expliqué.
Pour Bernardin Ulimwengu, il est nécessaire d’alerter les leaders religieux au sujet des discours qui peuvent véhiculer la division au sein de la population.
« A travers Pamoja kwa Umoja, a-t-il fait savoir, nous voulons faire des leaders religieux de Goma de véritables ambassadeurs de la cohésion sociale, capables de promouvoir des discours qui rapprochent, de contrer la désinformation et de renforcer durablement le vivre-ensemble au sein des communautés. »
Les participants ont partagé une même conviction : la parole, même religieuse, peut involontairement devenir un facteur de division.
« On nous a montré comment nos homélies, nos prédications et nos messages dans l’Église peuvent diviser nos communautés. Le facilitateur nous a expliqué que ce ne sont pas seulement les conflits ou les bagarres qui empêchent une communauté de vivre en paix, mais aussi nos paroles. Nous devons donc transformer les paroles de haine en paroles qui unissent », témoigne Wivine Bitonfo, de l’Église du Christ au Congo au Nord-Kivu.
Relais de la paix
A l’issue des travaux, les participants ont pris l’engagement de devenir des relais actifs de la paix au sein de leurs communautés respectives. Un engagement assumé et orienté vers la promotion continue de la cohésion sociale.
A travers cette initiative « Pamoja kwa Umoja », la MONUSCO et Umoja in Action réaffirment une conviction essentielle : la paix se construit par la parole responsable, par la répétition de messages positifs et fédérateurs, et par l’engagement constant des leaders communautaires en faveur du vivre-ensemble.
Aline Kataliko












