Des dizaines de leaders communautaires et chefs coutumiers ont pris part, du 12 au 13 mai 2026, à une série de formations organisées simultanément à Mambasa-centre (territoire de Mambasa) ainsi qu’à Gina et Risasi (territoire de Djugu), dans la province de l’Ituri.
Ces sessions, initiées par la Section des Affaires civiles de la MONUSCO en collaboration avec l’Inspection provinciale de la Territoriale et les services de la Protection civile, visaient à renforcer les mécanismes communautaires de protection des civils dans des zones affectées par l’activisme des groupes armés.
Ces formations s’inscrivent dans les efforts de la Mission des Nations Unies pour appuyer les communautés locales face à la recrudescence des violences, notamment celles attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
Renforcer la coordination sécuritaire
L’un des principaux objectifs de ces sessions de formation était d’améliorer le système d’alerte précoce afin de permettre une intervention rapide et efficace des forces de sécurité, en cas de menaces sécuritaires.
« Le territoire de Mambasa reste une priorité pour la MONUSCO, où les attaques des rebelles ADF ont causé plus d’une centaine de morts en l’espace d’un mois. Ces formations visent à renforcer les mécanismes locaux d’alerte pour prévenir les attaques et protéger les populations », a expliqué Sado Bahemuka, de la Section des Affaires civiles de la MONUSCO à Bunia.
Au total, 40 leaders locaux, dont 12 femmes, ont été formés à Mambasa à la gestion, à la vérification et au partage rapide des alertes sécuritaires, ainsi que sur les rôles et responsabilités des comités locaux de protection.
À Djugu, ce sont 30 leaders d’opinion, dont 9 femmes, ont bénéficié d’une formation similaire. Ils ont également actualisé leurs plans locaux de protection afin de mieux atténuer les risques sécuritaires.
Restaurer la confiance entre communautés et autorités
Les échanges ont permis de mettre en lumière les défis persistants, notamment la faible collaboration entre les membres des comités de protection et la population, une faille exploitée par les groupes armés.
« Cette formation a été une occasion importante d’apprendre comment donner l’alerte en cas de danger. Mais aussi de dire des vérités aux autorités. Certaines attitudes découragentla population : appels auxquels on ne répond pas, difficultés à obtenir des contacts… Nous espérons désormais une meilleure collaboration », a souligné Omba Hemeni, président du Conseil territorial de la jeunesse de Mambasa.
Les participants se sont engagés à renforcer la coopération entre communautés et services de sécurité afin de lutter plus efficacement contre l’insécurité.
Des contraintes liées à la couverture téléphonique
Malgré les progrès, des défis importants subsistent, notamment l’insuffisance de la couverture téléphonique, qui limite le fonctionnement du système d’alerte précoce.
Selon Mugeni Yuma Imurani, coordonnateur territorial de la société civile, « dans certaines zones, il faut parfois deux à trois jours pour transmettre une information, faute de réseau téléphonique. L’amélioration des infrastructures de communication, ainsi que l’état des routes, demeure essentielle pour assurer une meilleure protection des civils ».
Les participants ont salué l’initiative et réaffirmé leur engagement à jouer un rôle actif dans les mécanismes de protection. Les récentes attaques de groupes armés ont fait des dizaines de morts à Djugu et plus de 130 victimes à Mambasa, soulignant l’urgence de renforcer ces dispositifs.
La MONUSCO prévoit d’étendre ces formations dans les prochains jours à Komanda, Fataki, Drodro et d’autres localités, où plus de 300 acteurs locaux de protection sont attendus.
Jean-Tobie OKALA





