À l’occasion de la Journée internationale de la Femme africaine célébrée chaque année le 31 juillet, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et l’Association des Jeunes Chrétiens du Congo (AJCC) ont organisé une activité de sensibilisation en faveur des jeunes filles et des femmes à Bunia, dans la province de l’Ituri.
Cette rencontre a réuni près de 80 participantes autour de plusieurs thématiques dont l’autonomisation économique des jeunes filles, la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre (VBG), ainsi que les dangers de la désinformation dans le contexte de la lutte contre la maladie à virus Ebola.
L’événement a également été marqué par la remise de brevets à vingt-deux jeunes femmes ayant achevé avec succès une formation de six mois en coupe et couture.
Encourager les jeunes filles à se prendre en main
Pour l’AJCC, organisatrice de cette formation financée grâce aux contributions de ses membres, la célébration de la Journée internationale de la Femme africaine constituait une occasion privilégiée de sensibiliser les participantes aux conséquences des violences sexuelles et de promouvoir leur autonomisation.
« On voulait saisir cette occasion pour inciter les jeunes filles à se prendre en charge. L'Ituri est une province où les violences sexuelles et basées sur le genre sont récurrentes et en constante augmentation. À travers cette activité, nous avons voulu outiller les jeunes filles afin qu'elles puissent lutter contre ce fléau qui a hypothéqué l'avenir de plusieurs d'entre elles », a déclaré Dieumerci Muhindo Nyasiro, coordonnateur de l’AJCC.
Miser sur l’éducation et l’entrepreneuriat
Présente à cette activité, la cheffe de la Police de la MONUSCO (UNPOL) à Bunia, Marie-Guy Thiayga Niang, a encouragé les participantes à croire en leurs capacités et à développer leur autonomie financière.
Elle les a invitées « à croire en leur potentiel, à oser entreprendre, en privilégiant l’éducation et l’entrepreneuriat » afin de rompre le cycle de la pauvreté et des violences sexuelles qui affectent de nombreuses femmes et filles.
Récemment formée en coupe et couture, Elisabeth Kendango Ukelo, âgée de 32 ans, a mis en avant les avantages de la formation dans l’autonomisation des femmes.
« Je me sens encouragée à continuer ce que j'ai commencé à faire : coudre des habits, pour générer des revenus afin de me prendre en charge, aider les autres, et me mettre à l'abri du besoin, et donc d'être moins vulnérable en participant au développement de la communauté », a-t-elle promis.
Déterminée à transmettre les connaissances acquises, elle souhaite désormais encourager d’autres jeunes filles à suivre son exemple:
« Suivez des formations, ne restez pas sans rien faire, cela vous expose à beaucoup de dangers : la prostitution, le vol, les maladies sexuellement transmissibles, la pauvreté », a-t-elle conseillé.
Sensibiliser contre les violences sexuelles
L’Escadron de protection de l’enfant et de prévention des violences sexuelles (EPEPVS) de la Police nationale congolaise (PNC) a également pris part aux échanges.
Ses représentants ont présenté les différentes formations suivies par leurs agents, notamment celles dispensées avec l’appui d’UNPOL dans le cadre du renforcement des capacités et de la professionnalisation de la Police nationale congolaise.
Les interventions ont particulièrement porté sur la prévention des violences sexuelles et basées sur le genre, ainsi que sur les risques d’exploitation et d’abus sexuels susceptibles d’accompagner les opérations humanitaires menées dans le contexte des épidémies d’Ebola.
D’Ebola, il en a justement été question au cours de cette rencontre.
Les participantes ont été sensibilisées aux dangers de la désinformation et des fausses rumeurs dans le cadre de la lutte contre Ebola.
Les intervenants ont souligné que la circulation d’informations erronées peut compromettre les efforts de prévention, favoriser la méfiance envers les acteurs de santé et exposer davantage les communautés aux conséquences de l’épidémie.
Cette sensibilisation avait pour objectif d’encourager les participantes à vérifier les informations qu’elles reçoivent et à relayer au sein de leurs communautés des messages fondés sur des sources fiables.
Jean-Tobie Okala








