MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Dialogue national : à Kinshasa, des femmes préparent un agenda commun

Forum des femmes
La section Genre de la MONUSCO affirme sa disponibilité à soutenir les initiatives favorisant une participation plus inclusive des femmes aux processus de paix et de prise de décision. ©MONUSCO Photo Joël BOFENGO

Une cinquantaine de femmes issues de la société civile et de partis politiques (de la majorité et de l’opposition) se sont réunies mercredi 5 août à Kinshasa pour réfléchir à leur participation au dialogue national annoncé par les autorités congolaises. Soutenue par la section Genre de la MONUSCO, la rencontre visait à dépasser les clivages politiques et à faire émerger des priorités communes.

Coorganisée avec le Forum des femmes citoyennes et engagées pour la gouvernance, la démocratie et le développement (FOFECEGDD), cette matinée de réflexion devait permettre aux participantes de définir les bases d’un agenda commun et de préparer une participation capable d’influencer réellement les décisions.

Dépasser les appartenances politiques

Pour Martina Berinyuy Ndi, de la section Genre de la MONUSCO, l’objectif était de réunir des femmes de différents horizons afin qu’elles puissent échanger au-delà de leurs appartenances politiques.

« Les réalités de la femme congolaise restent les mêmes, que l’on soit de l’opposition, de la majorité ou de la société civile », explique-t-elle.

Un constat partagé par Esther Bikale, membre du Rassemblement des démocrates tshisekedistes.

« Nous ne venons pas avec nos divergences. Si nous mettons en avant l’opposition contre la majorité, nous n’avancerons pas », affirme-t-elle.

Les participantes ont ainsi plaidé pour une présence féminine qui ne soit pas seulement numérique, mais qui repose sur une représentation réelle et sur la prise en compte de leurs propositions.

Martina Berinyuy Ndi rappelle à ce sujet que toute initiative de dialogue devrait respecter les principes d’inclusivité, de représentativité et de participation effective de toutes les composantes de la société, y compris les femmes et les jeunes, conformément aux Résolution 1325 (2000) et 2250 (2010) du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives aux agendas ‘‘ « Femmes, Paix et Sécurité » et « Jeunesse, Paix et Sécurité ».

Pour Marie Lukusa, présidente du FOFECEGDD, la priorité est de permettre aux femmes d’arriver aux consultations avec des positions clairement définies.

« Nous voulons que l’agenda de la femme soit pris en compte », souligne-t-elle.

Les participantes estiment notamment que les femmes, fortement touchées par les conséquences des conflits armés aux côtés des enfants, doivent pouvoir porter elles-mêmes leurs préoccupations et leurs propositions lors du dialogue.

Transformer la présence en pouvoir d’influence

La rencontre a également insisté sur la nécessité de dépasser la simple présence des femmes dans les espaces de discussion.

Pour Me Pacifique Nkunzi, avocat engagé dans le plaidoyer en faveur d’une plus grande représentation des femmes dans le débat public, le prochain dialogue doit permettre de « transformer leur participation en pouvoir d’influence ».

Selon lui, les femmes sont de plus en plus présentes dans les rencontres consacrées aux grandes questions nationales, mais cette présence ne se traduit pas encore suffisamment dans les décisions finales.

Evelyne Mbata, figure de la société civile ayant notamment participé au Dialogue intercongolais en Afrique du Sud au nom d’associations féminines, insiste également sur l’importance de la préparation. Elle estime que les participantes doivent se présenter aux futures consultations avec des cahiers des charges clairs, élaborés en amont et portés collectivement.

C’est précisément l’un des objectifs poursuivis par le FOFECEGDD.

« La femme congolaise ne doit plus être reléguée à la périphérie des grands moments de décision de la République », affirme Marie Lukusa.

Selon elle, la rencontre devait permettre de parvenir à une lecture commune des enjeux, de formuler des recommandations consensuelles, de proposer un mécanisme de concertation entre femmes de différents horizons et d’aboutir à une déclaration commune.

Un accompagnement appelé à se poursuivre

La section Genre de la MONUSCO a réaffirmé sa disponibilité à soutenir les initiatives favorisant une participation plus inclusive des femmes aux processus de paix et de prise de décision.

« La MONUSCO reste disposée, dans le respect de son mandat, à accompagner les initiatives visant à promouvoir la participation pleine, égale et significative des femmes », indique Martina Berinyuy Ndi.

Marie Lukusa annonce que d’autres rencontres seront organisées dans les prochaines semaines afin d’approfondir les échanges, de rapprocher les positions et de consolider un agenda commun en vue du dialogue national.