MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Bunia : des étudiants formés sur les mécanismes de dénonciation des violences sexuelles

Sensibilisation violences sexuelles
Une trentaine d’étudiants de l’Université de Bunia ont pris part à une sensibilisation sur les violences sexuelles organisée par la MONUSCO et la Police nationale congolaise. ©MONUSCO

Face à la persistance des violences sexuelles et basées sur le genre en Ituri, la Police de la MONUSCO (UNPOL), en collaboration avec la Police nationale congolaise (PNC), multiplie les actions de prévention auprès des communautés. Le vendredi 7 août 2026, une séance de sensibilisation a réuni 34 étudiants de l’Université de Bunia, dont 11 jeunes femmes, dans le but de renforcer leurs connaissances sur leurs droits et sur les mécanismes de dénonciation des violences sexuelles.

Pour les organisateurs, l’information demeure un outil essentiel de prévention. En encourageant les victimes et les témoins à signaler les abus, les activités de sensibilisation contribuent à lutter contre l’impunité et à protéger les personnes les plus vulnérables.

Briser le silence

Dans les établissements d’enseignement supérieur comme dans les écoles, les violences sexuelles restent une préoccupation majeure. Pourtant, le sujet demeure souvent difficile à aborder en raison de la peur, de la stigmatisation ou des rapports de pouvoir qui découragent les victimes à dénoncer les abus.

Au cours des échanges avec les étudiants, les sensibilisateurs ont particulièrement insisté sur les pratiques de harcèlement sexuel liées à l’obtention de faveurs académiques, communément désignées sous l’expression de « points sexuellement transmissibles ». Selon eux, cette réalité affecte principalement les jeunes filles et compromet leur épanouissement, l’intégrité académique ainsi que l’avenir professionnel des étudiants.

« Il y a beaucoup d’autorités qui profitent de la naïveté de certaines étudiantes pour obtenir des faveurs de nature sexuelle. Ils échangent des points contre des relations sexuelles », fait savoir Grâce Balume, commissaire adjointe de la Police nationale congolaise chargée de la prévention des violences sexuelles.

Les participants à la sensibilisation ont également été informés sur les procédures de signalement et l’accompagnement disponible pour les victimes, afin de les encourager à rompre le silence.

La famille, premier rempart

Pour plusieurs étudiants présents à cette rencontre, la lutte contre les violences sexuelles doit dépasser le cadre universitaire. Sarah Avuti, étudiante à la Faculté de droit de l’Université de Bunia, estime que la prévention doit commencer au sein même des familles.

« C'est quelque chose que moi, j'ai vu et j'ai compris : les violences basées sur le genre commencent dès la maison. Alors, en plus de nous sensibiliser, nous les étudiants, je pense qu'il serait mieux de sensibiliser aussi les parents », explique-t-elle.

Malgré Ebola, la sensibilisation se poursuit

Au-delà des universités, les équipes spécialisées d’UNPOL et de la PNC poursuivent régulièrement des campagnes de sensibilisation dans les quartiers, les marchés et d’autres espaces publics de Bunia.

Ces activités sont menées notamment par la Cellule SPT/Genre (Specialized Police Team/Genre) de la Police de la MONUSCO et par l’Escadron de protection de l’enfant et de prévention des violences sexuelles (EPEPVES) de la PNC. Toutefois, le contexte actuel marqué par l’épidémie de la maladie à virus Ebola en Ituri constitue un défi supplémentaire pour les acteurs engagés dans la prévention.

« Avant l’épidémie d’Ebola, nous organisions beaucoup de sensibilisations de parents, enfants, enseignants et étudiants au danger des violences sexuelles et basées sur le genre. Le message envoyé aux parents était : prenez vos responsabilités, envoyez vos enfants à l’école, évitez de les laisser errer à longueur de journée, pour ne pas en faire des proies faciles pour les prédateurs sexuels. Depuis Ebola, les sensibilisations ont quelque peu diminué. Toutefois, nous avons rencontré les bourgmestres des communes de Shari, Nyakasanza et Mbunya afin de planifier de nouvelles activités en formats réduits, adaptées au contexte actuel », explique une membre de la Cellule SPT/Genre de la Police de la MONUSCO à Bunia.

Un engagement collectif nécessaire

Pour les acteurs de la prévention, briser le silence et encourager la dénonciation des abus demeurent essentiels dans la lutte contre ce phénomène. Un combat qui concerne tous les espaces de la société : les écoles, les universités, les lieux de travail, les marchés, mais aussi les familles.

À travers ces initiatives, la PNC et UNPOL réaffirment leur engagement à prévenir les violences sexuelles et basées sur le genre et à renforcer la protection des communautés en Ituri.

Jean-Tobie Okala