Deux petites filles portées disparues depuis le début de la semaine dernière près de Jiba, dans le territoire de Djugu, en Ituri, ont été retrouvées saines et sauves et réunifiées avec leur famille grâce à une mobilisation conjointe des autorités locales, des leaders communautaires et des Casques bleus bangladais de la MONUSCO. Cette intervention a permis de ramener les enfants en sécurité et de désamorcer des tensions communautaires qui commençaient à naître à la suite de leur disparition dans une région où la méfiance règne encore entre les communautés sur fond de violences armées.
Une disparition dans un contexte délicat
Les circonstances de cet incident demeurent sujettes à différentes versions. Selon certains témoignages, les deux enfants se trouvaient avec leur mère dans un champ près de Jiba pour une récolte. Celle-ci se serait momentanément éloignée afin de chercher du plantain, laissant les fillettes sur place.
Durant son absence, des hommes armés auraient découvert les enfants et les auraient emmenées vers une base de la milice CODECO. D’autres sources évoquent plus directement un enlèvement perpétré par des membres de ce groupe armé.
Cette disparition a rapidement suscité une vive inquiétude parmi les déplacés du site de la Plaine Savo et ravivé les tensions entre les communautés Hema et Lendu.
Une médiation rapide pour éviter l’escalade
Aussitôt alertée, la MONUSCO, à travers ses assistants de liaison communautaire (CLA), a engagé des consultations avec les autorités administratives, les responsables coutumiers et les leaders communautaires afin d’empêcher toute dégradation de la situation.
Le dimanche 16 août 2026, une patrouille de la Mission s’est rendue à Jiba, à une douzaine de kilomètres de Bule. Les échanges menés avec les responsables locaux des groupements de Dhendro et de Dhendo ont permis d’instaurer un climat de confiance propice à une solution pacifique.
À l’issue des discussions, les différentes parties se sont accordées pour que les deux fillettes soient remises aux Casques bleus de la MONUSCO basés à Rhoo, localité située à proximité de la zone où elles étaient retenues.
Cette opération a également permis l’évacuation d’une femme d’une trentaine d’années blessée lors d’affrontements armés survenus il y a environ trois mois dans la région de Bule. Après avoir été soignée à l’hôpital de Jiba, elle y demeurait dans l’attente de conditions sécuritaires permettant son transfert et son retour au sein de sa famille.
Sous la protection de la MONUSCO, les deux adolescentes et la femme blessée ont ainsi été escortées jusqu’au site de déplacés de Rhoo, où elles ont retrouvé leurs proches.
Satisfaction des autorités et de la société civile
Cette action a été saluée par la société civile locale, qui y voit une illustration concrète du rôle joué par la Mission dans la protection des civils grâce à la médiation et au dialogue entre les communautés.
« Voilà ce que nous demandions à la MONUSCO. La collaboration est très franche, et cela fait la joie de la communauté. Lorsque les enfants avaient disparu, les parents et toute la communauté étaient très inquiets. Vous avez donc fait de votre mieux, comme nous vous l’avions demandé, pour rechercher les enfants. Et finalement, vous les avez retrouvés. C’est une bonne chose. Nous tenons à remercier la MONUSCO pour le travail qu’elle a effectué en faveur de la communauté. La MONUSCO est là pour assurer la protection de la population… Il est donc important de rappeler à tout le monde que la MONUSCO reste notre partenaire et un partenaire de confiance », a déclaré Salomon Pinzile Lole, président de la société civile de Bule.
À Bule, d’où sont originaires les parents des deux adolescentes, la nouvelle de leur retour a suscité un immense soulagement.
Un membre d’une organisation de la jeunesse de Bule a également salué la rapidité de l’intervention :
« La population est très contente de la prompte action de la MONUSCO, qui a été très attentive à l'alerte de la population. »
Selon lui, cette réaction rapide a permis d’éviter une aggravation des tensions et de préserver le dialogue entre les communautés concernées.
Au site de déplacés de la Plaine Savo où vivent les parents de deux petites filles, la disparition des fillettes avait provoqué une profonde inquiétude, la satisfaction était visible sur tous les visages.
La gérante du site, Rollande Mawazo Kambonesa, a exprimé sa gratitude envers la Mission :
« Nous sommes vraiment ravis pour cette intervention de la MONUSCO. La disparition des deux fillettes enlevées par la Codeco a créé de vives inquiétudes au sein des déplacés. La MONUSCO a pu récupérer ces enfants et les ramener saines et sauves dans leur famille élargie. »
Au-delà de son caractère humanitaire, cette intervention semble avoir contribué à renforcer la confiance entre la population et la Mission des Nations Unies.
-Jean-Tobie OKALA














