La MONUSCO a renforcé, ce lundi 31 août, sa présence à Bamande, dans le territoire d’Irumu, après des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par l’armée ougandaise (UPDF), et des éléments présumés des Forces démocratiques alliées (ADF). Les violences ont poussé plusieurs habitants à quitter la zone. Deux équipes de réaction rapide des Casques bleus ont été dépêchées sur place, avant le déploiement d’une base opérationnelle mobile pour renforcer la protection des civils.
Les affrontements ont éclaté tôt dans la matinée à Bandikafu, un village situé à environ 1,5 kilomètre à l’est de Bamande. Cette zone est traversée par la route nationale numéro 4 (RN4), un axe important reliant notamment Komanda à Bunia, chef-lieu de la province.
La présence de présumés ADF avait été signalée dans la zone dans la matinée. Les FARDC, appuyées par l’UPDF, sont intervenues. Les échanges de tirs auraient duré environ deux heures.
Les affrontements ont rapidement eu des conséquences sur les populations civiles. Plusieurs habitants ont quitté Bamande et ses environs, certains empruntant la RN4 en direction de Komanda pour se mettre à l’abri.
Une réaction rapide pour protéger les populations
Alertées par des relais locaux de la situation à Bamande, deux équipes de réaction du contingent indonésien de la MONUSCO ont été dépêchées sur place à partir de la base opérationnelle permanente de Komanda. À leur arrivée, les Casques bleus ont constaté des mouvements de civils le long de la RN4, fuyant les secteurs affectés par les affrontements.
Des patrouilles ont été menées au sol, tandis que des drones ont été utilisés pour surveiller le secteur et suivre l’évolution de la situation. Les informations issues de cette surveillance ont également permis de renforcer la connaissance de la situation sur le terrain.
Face aux risques persistants pour les populations, la MONUSCO a ensuite déployé depuis Komanda une base opérationnelle mobile (MOB) à Bamande. Ce dispositif permet aux Casques bleus de maintenir une présence au plus près des communautés exposées, de surveiller les zones à risque et de pouvoir réagir rapidement en cas de nouvelle menace.
Une équipe médicale a également été placée en état d’alerte afin de pouvoir apporter une assistance ou procéder à une évacuation médicale en cas de besoin.
Selon les premières informations disponibles sur place, aucune victime civile n’a été signalée. Une habitation aurait toutefois été incendiée au cours de l’incident et deux soldats congolais auraient été tués pendant les affrontements. Cinq individus soupçonnés d’appartenir aux ADF ont par ailleurs été appréhendés.
La situation demeure sous surveillance. Les Casques bleus maintiennent leur présence à Bamande et poursuivent leurs activités de protection afin de contribuer à prévenir de nouvelles violences et à rassurer les civils.
Une présence renforcée
L’intervention à Bamande s’inscrit dans les efforts de la MONUSCO pour renforcer la protection des civils dans les zones du territoire d’Irumu exposées aux activités des groupes armés.
La MONUSCO maintient notamment une présence à Komanda, important carrefour situé dans le sud de l’Ituri. Depuis cette base, les Casques bleus effectuent régulièrement des patrouilles et peuvent déployer des bases opérationnelles mobiles dans les zones où la situation sécuritaire l’exige.
Le commandant de la Force de la MONUSCO, le lieutenant-général Ulisses de Mesquita Gomes, s’y était d’ailleurs rendu récemment pour s’enquérir de la situation sécuritaire et évaluer les mesures mises en place pour la protection des populations.
Le déploiement à Bamande vient ainsi renforcer cette présence et permettre aux Casques bleus de rester au plus près des communautés confrontées aux menaces des groupes armés.
-Didier Vignon DOSSOU-GBAKON


















