Des organisations de femmes ont lancé mercredi 23 septembre à Kinshasa la Ligue des féministes de la République démocratique du Congo pour faire avancer le combat en faveur de l’égalité hommes – femmes. La Division de la Communication stratégique et de l’Information publique et la Section Genre de la MONUSCO ont appuyé le lancement de cette organisation.
Réunissant près d'une centaine de participants, parmi lesquels des représentants de la société civile, des agences de l'ONU et du corps académique, cet événement, selon ses organisateurs, marque une étape majeure pour le mouvement féministe en RDC.
Grâce Shako, représentante de la Ligue des féministes de la RDC, reconnaît que le combat féministe au Congo est bien antérieur à la création de cette nouvelle plateforme. Mais elle souligne que cette initiative vise une convergence d’acteurs déjà engagés dans le combat pour l’égalité des droits des hommes et des femmes.
«Nos aînés ont travaillé pour l’émancipation des femmes, pour leur accès à l’éducation, au travail, à l’autonomisation économique […]. Mais nous devons continuer d’agir. Parce que pendant que nous parlons d’égalité, des filles abandonnent encore l’école aujourd’hui. Pendant que nous parlons d’autonomisation, des femmes restent privées de ressources et de possibilités économiques. Pendant que nous parlons de protection, les violences basées sur le genre continuent. Et dans les zones affectées par les conflits armés, les femmes et les filles continuent de subir les violences sexuelles et d’autres formes de violences liées au conflit», argumente Grâce Shako.
À la section Genre de la MONUSCO, on partage le même constat.
«Qu’il s’agisse de normes socioculturelles patriarcales, des violences basées sur le genre, des freins économiques, ou encore de l’absence des femmes aux tables de décision, de nombreux obstacles continuent de peser sur la vie de millions de femmes congolaises», note Mireille Laurier Affa’a Mindzie, la cheffe de la Section.
Pour faire avancer le combat pour l’égalité, elle suggère «d’avancer en rangs serrés».
«L’émergence de votre Ligue et votre volonté de mobiliser les acteurs engagés dans la promotion des droits des femmes, autour d’une vision commune et d’un cadre de concertation, de solidarité et de plaidoyer, apportent une réponse à ce besoin d’unité», affirme Mireille Laurier Affa’a Mindzie.
De la conviction à l’action»
Pour elle, le lancement de la Ligue des féministes n’est pas «une simple cérémonie protocolaire» :
«Il s’inscrit directement au cœur de l’agenda ‘’Femmes, Paix et Sécurité’’, fondé sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, et dont nous célèbrerons le mois prochain le 26e anniversaire.»
Parmi les innombrables priorités de sa ligue, Grâce Shako cite deux combats contre les féminicides et pour l’éducation des jeunes filles qui vont mobiliser cette nouvelle plateforme.
«Il est temps de lutter. Il est temps de mobiliser. Il est temps de transformer», martèle-t-elle, plaidant pour des réponses collectives aux problèmes de femmes.
«Nous avons choisi d’être une ligue parce qu’une ligue est une force. […] La Ligue des féministes de la RDC n’est pas née pour créer une nouvelle division. Elle est née pour créer une nouvelle convergence. Nous voulons lutter contre les injustices. Nous voulons mobiliser les femmes, les hommes, les institutions, la société civile, les médias et toutes les forces qui souhaitent contribuer à l’égalité. Nous voulons transformer les mentalités, les pratiques et les réalités», annonce la Représentante de la Ligue.
Pour sa part, la cheffe de la Section Genre fait savoir que la collaboration avec les réseaux de femmes et les mouvements féministes constitue «un élément essentiel de nos stratégies en matière de protection des civils, de prévention et résolution des conflits, de promotion des droits humains, et de reconstruction et stabilisation post-conflit».
«A la MONUSCO, nous sommes convaincus que soutenir la mise en œuvre de la Résolution 1325, c’est investir directement dans la paix, la dignité et l’avenir de la RDC», conclut Mireille Laurier Affa’a Mindzie.
La cérémonie s'est achevée par la signature symbolique de la Charte d'adhésion par les neuf organisations fondatrices et l'adoption d'une Déclaration officielle scellant le lancement de la Ligue.












