Une soixantaine de femmes originaires de Beni, Butembo et Lubero, dans le Nord-Kivu, se sont engagées à promouvoir la paix, la cohésion sociale et la lutte contre la désinformation, à l’issue d’un atelier organisé les 21 et 22 mai 2026 à Beni.
L’atelier a été organisé par la Section des Affaires civiles de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), en collaboration avec le Bureau d’études et d’accompagnement des relations internationales en RDC (BEARIC) et les autorités provinciales.
Renforcer les capacités des femmes
La rencontre a réuni des femmes engagées dans le mouvement associatif, des représentantes de la société civile, des déplacées de guerre, des femmes vivant avec handicap, des représentantes de partis politiques, des structures religieuses ainsi que des organisations de jeunesse.
Les participantes ont pris part à des sessions d’information portant sur les processus de paix en cours en République démocratique du Congo, notamment ceux de Washington, Doha, Luanda et Nairobi. Elles ont également été formées aux techniques de plaidoyer et sensibilisées aux résolutions 1325 et 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, relatives à la participation des femmes aux processus de paix et à la protection des civils.

Des femmes appelées à jouer un rôle plus actif
Dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans l’Est de la RDC, les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les femmes dans les efforts de stabilisation.
Pour Jean-Paul Lusenge, chargé de programme au sein du BEARIC et facilitateur de l’atelier, l’objectif était clair :
« Nous avons pensé remonter le moral des femmes sur les enjeux de l’heure, notamment les accords de Washington et de Doha, et ne pas faire d’elles de simples spectatrices, mais des actrices parce que leur place est sur la table. Nous avons également travaillé sur le leadership, la résolution des conflits et les techniques de plaidoyer, car notre pays fait face à plusieurs défis qui nécessitent des réponses multiples, dont le plaidoyer et la résolution pacifique des conflits. Il était important de partager le contenu des accords en cours afin d’éviter la désinformation et les manipulations qui peuvent pousser certains jeunes vers les groupes armés. »
De son côté, Julienne Masika a souligné l’importance d’une participation pleine et entière des femmes dans la prévention des conflits :
« Il faut que les femmes participent à la prévention des conflits et surtout dans les violences qui sont engendrées par les conflits. Pas seulement les violences basées sur le genre, car il y a plusieurs sortes de violences. Donc, il faut que les femmes soient impliquées, il faut qu’elles soient capables d’influencer et de changer des décisions, vu que la résolution 1325 nous donne le pouvoir de participer à des négociations de paix à tous les niveaux dans le cadre de la prévention. Que ça soit au niveau local ici à Beni, que ça soit au niveau régional. »
Un engagement concret au niveau communautaire
À l’issue de deux jours d’échanges, d’analyses et de réflexion, les participantes ont pris des engagements concrets en faveur de leurs communautés.
« Nous sommes engagées à sensibiliser toutes les femmes afin de contribuer à la cohésion sociale et lutter contre la désinformation. Cette formation nous a permis de mieux comprendre plusieurs enjeux et de corriger certaines perceptions erronées. Concernant la résolution 1325, nous allons encourager les femmes à s’impliquer davantage pour sa mise en œuvre effective. Et sur les techniques de plaidoyer, nous sommes désormais mieux outillées pour savoir quoi écrire et à qui nous adresser », a déclaré Guilaine Kavira Mwangaza, vice-présidente de la société civile de Kyambogho, dans le territoire de Lubero.
Selon elle, cet atelier marque un tournant dans l’engagement communautaire des femmes, notamment dans la sensibilisation et la lutte contre les fausses informations.
Les organisateurs ont souligné que la sensibilisation communautaire, le plaidoyer et la lutte contre la désinformation constituent des leviers essentiels pour renforcer la protection des civils et contribuer à la stabilisation durable du Nord-Kivu.
Martial Mukeba wa Mukeba & Jean-Tobie Okala





