Beni : des initiatives combinées pour réduire la mortalité à la prison centrale
La prison centrale de Beni au Nord-Kivu connaît un taux de mortalité annuel près de quatre fois plus élevé que la moyenne internationale qui est de 2%. Depuis le début de cette année, 120 personnes détenues y sont décédées. Pour réduire ce taux, la MONUSCO multiplie les initiatives au sein de cette prison.
Le 27 novembre, un atelier de réflexion a été organisé au quartier général du bureau de la MONUSCO par les sections d’Appui à l’administration pénitentiaire et d’Appui à la justice. Trente-trois participants y ont pris part : des acteurs de la chaîne pénale, des autorités pénitentiaires, de la justice civile et militaire ainsi que des représentants de la société civile, des agences et des partenaires internationaux.

La surpopulation carcérale ne facilite pas une bonne prise en charge des détenus. Les participants à l’atelier l’ont relevé. « Après analyse, on a pu constater que c’est la surpopulation carcérale qui est à la base des mauvaises conditions de détention. La prison de Beni a été construite pour 250 détenus, cependant aujourd’hui ils sont 1500. Cela conduit à une surpopulation trop importante qui impacte négativement les conditions de vie des détenus », fait savoir Tsongo Makelele, directeur de la prison de Beni.
A la fin de l’atelier, les participants ont ainsi recommandé le désengorgement de cette maison carcérale, comme principale mesure. « On a demandé aux magistrats d’inspecter régulièrement la prison mais aussi, au niveau des tribunaux, d’accélérer le traitement des dossiers. Par ailleurs, au niveau de l’Administration pénitentiaire, on doit savoir que nous devons proposer les libertés conditionnelles à certains détenus dont les dossiers sont aux normes », ajoute M. Tsongo. Ces derniers mois, la MONUSCO a multipliée les initiatives pour répondre efficacement au défi de la surmortalité.
Un dispensaire pour des soins de proximité
La construction d’un dispensaire dans l’enceinte de la maison carcérale avait été une des plus récentes. La prise en charge médicale n’était pas toujours efficiente. La récurrence de certaines maladies telles que la tuberculose, l’hypoglycémie, l’anémie, le paludisme, la détresse respiratoire et la déshydration y était constatée. Ainsi, depuis le mois de juillet, la prison dispose d’une nouvelle infirmerie pour faciliter l’accès aux soins des détenus. Le bâtiment compte notamment des salles d’attente, de consultation, de soins et d’hospitalisation, ainsi que d’une pharmacie et d’un laboratoire ; le tout financé par la mission onusienne à hauteur de 42 000 dollars américains.
Parmi les causes avancées pour expliquer la surmortalité, il y a notamment la malnutrition. La Mission a ainsi initié l’installation d’un potager au sein de la prison. On y cultive du maïs, du manioc, de la patate douce, de la pomme de terre et du chou. Objectif : permettre aux détenus de disposer de leur propre ressource alimentaire même lorsque les dotations du gouvernement tardent à arriver.
Cette initiative a quelque peu amélioré l’alimentation des détenus. L’un d’entre eux confiait ainsi en janvier dernier : « Depuis que nous cultivons ici, j’ai repris ma santé. Avant, j’étais gonda-gonda [famélique, NDLR]. Aujourd’hui, je suis en bonne santé ».