Ituri : la MONUSCO dote la Commission nationale des droits de l’Homme de bureaux modernes

Le BCNUDH de la MONUSCO à Bunia a fait construire et équiper ce bâtiment qui permet désormais à la coordination provinciale de la CNDH d’avoir une adresse et d’être visible. Photos MONUSCO / Jean-Tobie Okala

14 juin 2022

Ituri : la MONUSCO dote la Commission nationale des droits de l’Homme de bureaux modernes

Jean-Tobie Okala

« Avant, on avait un tout petit local dans une radio communautaire où on était étouffés, coincés au nombre de cinq dans une toute petite pièce. Imaginez dans quel climat on pouvait travailler. Pendant la période de Covid-19, seules deux personnes pouvaient rester dans ce petit local. Comprenez ce que nous avions vécu pendant cinq ans ».

C’est le témoignage de Marie Pacuriema, coordinatrice provinciale de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) en Ituri, lors de la remise par la MONUSCO d’un bâtiment moderne qui abritera désormais le siège de cette institution en charge de la promotion et de la protection des droits de l’Homme.

En effet, le 13 juin dernier, le chef de bureau de la MONUSCO à Bunia a remis au gouverneur de province de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama, le tout premier et nouveau bâtiment de la coordination provinciale de la Commission nationale des droits de l’Homme, financé par le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’Homme à hauteur de 46 992 USD.

La cérémonie a eu lieu en présence du président de la Commission nationale des droits de l’Homme, Mwamba Mushinkoke Mwamus, venu spécialement de Kinshasa.

L’occasion pour ce dernier de remercier d’abord le gouverneur militaire de l’Ituri qui a rendu possible ce projet à impact rapide de la MONUSCO (QIP) en mettant un terrain à la disposition de la coordination provinciale de la CNDH.

Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme (BCNUDH) de la MONUSCO à Bunia a fait le reste : construire et équiper ce bâtiment qui permet désormais à la coordination provinciale de la CNDH d’avoir une adresse et, donc, d’être visible.

Le nouveau bâtiment de la CNDH en Ituri mesure 120 mètres carrés de surface.  Il compte une salle de conférences de 28 mètres carrés, cinq bureaux, deux latrines et dispose de matériel informatique et de mobilier de bureau. 

Renforcer le respect des droits de l’Homme

Le général Johnny Luboya Nkashama, gouverneur militaire de l’Ituri, a salué ce projet. C’est « peut-être un petit projet pour la MONUSCO, mais très grand » pour la province, selon lui. « L’état de siège, c’est d’abord la présence de l’Etat. Et ce bâtiment offert aujourd’hui à la CNDH en est une illustration. Les droits de l’Homme constituent un pont qui nous permet de gagner la confiance de la population. Voilà pourquoi je dis que ce projet est un grand projet, cela montre à la population que nous sommes accompagnés », a-t-il expliqué.

Avec ce bâtiment, c’est surtout le travail de la coordination provinciale de la CNDH/Ituri qui va radicalement changer et s’améliorer, estime Marie Pacuriema, coordinatrice provinciale de cette structure. « Aujourd’hui, nos conditions de travail vont changer, ça va nous épanouir, ça va nous laisser une ouverture vers le monde parce que désormais, nous avons une visibilité. Cette visibilité-là contribuera beaucoup, parce que nous travaillons beaucoup avec la population. Désormais, dès que quelqu’un veut nous voir, il sait où nous trouver », a-t-elle déclaré.

Beaucoup reste à faire

Du travail, la CNDH n’en manque pas. L’Ituri, province sous état de siège depuis treize (13) mois, connaît un conflit armé depuis 2017, avec son lot d’atrocités et d’abus des droits humains. Pour le président de la CNDH, des progrès ont été réalisés en Ituri par rapport à la situation des droits de l’Homme, mais beaucoup reste encore à faire.

« Il y a une différence de perception par rapport au respect des droits de l’Homme en Ituri. Quand on est à Kinshasa, avec ce qu’on entend à travers les ondes, et lorsqu’on est sur place, on vit la réalité du terrain, il y a une différence. Ce qui est vrai, c’est que par rapport aux anciens rapports, la situation était très préoccupante. Mais ce que j’ai reçu comme informations des acteurs et parties prenantes dans la protection des droits de l’Homme, depuis que je suis à Bunia, c’est qu’il y a une amélioration. Il y a des avancées positives, mais beaucoup reste à faire », a-t-il affirmé.

Pour lui, cet appui de la MONUSCO représente « la bonne relation » que le CNDH a toujours eue avec le BCNUDH. « Ce n’est pas la première œuvre. Depuis 2015, nous bénéficions de plusieurs types d’appuis : financier, technique, etc. », a-t-il soutenu.

La CNDH a été créée par la loi du 21 mars 2013. Elle est chargée de la promotion et de la protection des droits humains en République démocratique du Congo et est aussi la conseillère du gouvernement pour toute question relative aux droits de l’Homme.

La CNDH a également pour missions :
- d’enquêter sur tous les cas de violations des droits de l'Homme ;
- d’orienter les plaignants et victimes et les aider à aller en justice pour toutes les violations avérées des droits de l'Homme ;
- de procéder à des visites périodiques des centres pénitentiaires et de détention sur toute l'étendue du pays ;
- de veiller au respect des droits de la femme et de l'enfant ou encore de veiller au respect des droits des personnes avec handicap.

Elle doit aussi développer des réseaux de collaboration avec des organisations publiques et privées qui poursuivent les mêmes objectifs en matière des droits de l’Homme. C’est dans ce cadre qu’elle collabore étroitement avec le BCNUDH qui l’appuie de manière suivie.

On peut citer entre autres :
- l’octroi des anciens bureaux de la MONUSCO aux services provinciaux de la CNDH à Lubumbashi et dans les Kasaï ;
- le renforcement de capacités du personnel de la CNDH tant au niveau national que provincial ;
- les dons de matériel ou encore la construction du bâtiment qui abrite le service provincial de la CNDH à Kalemie au Tanganyika.